Faible affluence dans les bureaux de vote libyens

Opération de vote à Benghazi, dans l'est de la Libye, le 25 juin 2014.
© REUTERS/Esam Omran Al-Fetori

Trois après la chute du colonel Kadhafi, les Libyens votent ce mercredi pour élire leurs nouveaux parlementaires parmi 1 600 candidats. Ce Parlement comptera 200 sièges, comme le précédent, dont 32 réservés aux femmes. Les bureaux ont ouvert à 8 heures dans un contexte sécuritaire très incertain, notamment dans l'est du pays.

La journée a commencé avec un problème sur les listes électorales. A peine 1,5 million d'électeurs sont enregistrés sur les listes, soit environ la moitié des 2,8 millions enregistrés pour les législatives de 2012, le premier scrutin libre depuis plus de 40 ans en Libye.

Dans la capitale, ce mercredi matin, l’affluence était faible dans les bureaux de vote, selon l'AFP. L'enjeu est pourtant de taille puisque ce nouveau Parlement, baptisé Chambre des représentants, doit remplacer le Congrès général national.

Un Congrès largement discrédité au fil des mois aux yeux de nombreux Libyens. Son mandat a officiellement expiré depuis février, mais les parlementaires n'ont cessé de le reconduire malgré des manifestations dans Tripoli pour réclamer leur départ.

Deux gouvernements pour un seul pays

Un congrès général national décrédibilisé également en raison du vote chaotique pour le nouveau Premier ministre. Il avait débouché sur deux chefs de gouvernement qui revendiquaient chacun le pouvoir. C'est finalement la Cour suprême qui avait tranché le litige invalidant l’élection d'Ahmed Meitig, soutenu par les députés islamistes, pour reconduire Abdallah al-Theni, l'actuel Premier ministre de transition.

Enfin, pour beaucoup de Libyens, le pouvoir est aujourd'hui entre les mains des milices qui ont, plusieurs fois, investi le Parlement pour imposer leurs vues aux députés. Et puis, en raison de l'insécurité, comme lors de la dernière élection en février pour la Constituante, tout le monde ne peut pas voter en Libye.

Même si à l'Est, à Benghazi, le général Haftar a annoncé une trêve des combats pour que les électeurs puissent voter, impossible d'imaginer un vote dans les zones tenues par les jihadistes. Dans le Sud-Ouest, des appels au boycott ont été lancés dans les zones berbères.