Législatives en Libye: peu de citoyens dans les bureaux de vote

En milieu de journée, la Haute Commission électorale (Hnec) de Libye a fait état d'un taux de participation autour de 13%.
© REUTERS/Saddam Alrashdy

Trois ans après la chute du colonel Kadhafi, les Libyens votaient ce mercredi 25 juin pour élire leur nouveau Parlement, dans un contexte sécuritaire très incertain. En milieu de journée, la Haute Commission électorale (Hnec) a fait état d'un taux de participation autour de 13%. Il s'agit de réélire un Parlement très contesté en Libye.

En plus des appels à boycotter le scrutin en zone berbère, tous les Libyens n'ont pas pu voter pour élire leur nouveau Parlement - qui aura 200 sièges, comme le précédent, dont 32 réservés aux femmes -, en raison de l'insécurité. A Koufra, dans l'extrême Sud, la plupart des bureaux sont restés fermés.

A Derna, fief jihadiste de l'Est, aucun n'a pu ouvrir. A Benghazi, capitale de la Cyrénaïque, le général Haftar avait annoncé une trêve des combats pour la tenue du vote mais trois soldats ont été tués dans des affrontements.

Résultat : seulement 13% de participation à la mi-journée, et ce alors qu'à peine un million et demi de Libyens s'étaient inscrits sur les listes contre plus de 2,7 millions en 2012. Il s'agissait alors du premier scrutin de l'après Kadhafi pour élire l'actuel Parlement sortant. Deux ans plus tard, ce Congrès général national est largement discrédité. Son mandat a expiré sans Constitution en février et, depuis, les parlementaires le renouvelaient malgré des manifestations à Tripoli pour exiger leur départ. Un Congrès encore décrédibilisé en mai par le vote chaotique pour un nouveau Premier ministre qui avait débouché sur deux chefs de gouvernement revendiquant chacun le pouvoir avant que la Cour suprême ne finisse par trancher.

Pour beaucoup de Libyens, le vrai pouvoir est aujourd'hui celui des milices qui, plusieurs fois, ont investi le Parlement pour imposer par les armes leurs vues aux députés.