Côte d’Ivoire: sortie d’un livre d’entretiens avec Laurent Gbagbo

L'ancien président de Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo.
© Reuters

Pour la vérité et la justice, c’est un livre événement qui paraît ce jeudi aux éditions du Moment. Un livre de 320 pages dans lequel le journaliste François Mattéi rend compte des entretiens qu'il a eus depuis 2005 et jusqu'à nos jours avec l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo.

Dans l'ouvrage Pour la vérité et la justice, Laurent Gbagbo déroule sa lecture des événements qui ont secoué la Côte d’Ivoire depuis son élection. Il se dit persuadé que la France était derrière la rébellion de 2002. Que la table ronde de Linas Marcoussis était un « coup d'Etat en gants blancs » orchestré par Dominique de Villepin, à l'époque ministre des Affaires étrangères de Jacques Chirac.

Laurent Gbagbo donne également sa version des événements de Bouaké en 2004 qui ont conduit à la destruction de la flotte aérienne ivoirienne à la suite du bombardement de la ville. « La bavure, dit-il, était française. Il s'agissait d'un complot dont le but ultime était de renverser le gouvernement légitime et de m'évincer du pouvoir ».

Dans ce livre, Laurent Gbagbo revient à plusieurs reprises sur la crise électorale de 2010-2011. « Un traquenard, selon lui, préparé de longue date ». L'ancien chef d'Etat assure que les Français avaient décidé d'imposer Alassane Ouattara à l'occasion des présidentielles. « Ils ont tout fait pour qu'elles soient organisées alors qu'ils réarmaient en même temps les rebelles en vue d'une prise de pouvoir par la force ».

Une rébellion organisée par la France

Laurent Gbagbo donne dans cet ouvrage une version de la crise post-électorale que ses avocats ont déjà commencé à soutenir lors de l'examen du dossier par la chambre préliminaire de la Cour pénale internationale : l’armée française, selon lui, a lancé du nord du pays vers le sud « des groupes rebelles dont elle avait organisé le plan de marche et assuré la logistique ». Pour l'ex-chef d'Etat aujourd'hui en prison aux Pays-Bas, ce sont ces rebelles qui sont responsables des violences commises contre la population civile à Abidjan.

Les dérives de la Françafrique

Dans ce livre, on trouve aussi quelques affirmations croustillantes sur les valises qui ont circulé pour le financement de la campagne électorale de Jacques Chirac de 2002. Robert Bourgi, ex-conseiller occulte de l'Elysée pour l'Afrique, avait raconté il y a trois ans de cela comment plusieurs chefs d'Etat avaient été sollicités pour financer la campagne électorale de Jacques Chirac. Laurent Gbagbo confirme qu'il a bien été approché et laisse entendre qu'il a répondu à la sollicitation.

Il raconte qu'en 2001, Dominique de Villepin et Robert Bourgi lui ont « demandé de cracher au bassinet pour l'élection de 2002 en France ». La scène s'est déroulée « au restaurant le Voltaire sur le quai du même nom à Paris. C'était le prix à payer pour avoir la paix, en Françafrique ». « Je ne suis pas fier de cet épisode, avoue-t-il, mais je pensais y gagner la marge de manœuvre nécessaire pour avancer vers nos objectifs ».

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