Libye: un nouveau Parlement élu dans une certaine indifférence

Décompte des votes à Benghazi, le 25 juin 2014.
© REUTERS/Esam Omran Al-Fetori

Les Libyens élisaient, ce mercredi 25 juin, leur nouveau Parlement, une élection émaillée d’actes de violence ponctuels. La mission de cette Chambre des représentants, comme elle devrait s’appeler, sera difficile et son mandat assez court.

C’est dans le calme et une certaine indifférence que les Libyens se sont rendus dans les bureaux de vote de leur pays. Il y a eu plusieurs exceptions toutefois : à Benghazi, un accrochage entre une milice islamiste et un convoi des forces armées a fait plusieurs morts et une dizaine de blessés. A Derna, dans l’Est, les bureaux de vote n’ont pas ouvert pour des raisons de sécurité. Cela avait déjà été le cas en février 2014 lors de l’élection de l’Assemblée constituante. Dans le Sud-Est, une dizaine de bureaux de vote ont été fermés dans la ville de Koufra et dans la ville de Jamil dans l’Ouest.

La sécurité et le taux de participation figuraient parmi les clés de ce scrutin. désormais, la tâche qui attend ce nouveau Parlement est immense. Des divisions profondes parmi les groupes politiques, les groupes armés aux intérêts divergents, minent la transition démocratique. Jusqu’à présent, toutes les tentatives de dialogue national ont échoué.

Difficile également de savoir quel champ d’action ce Parlement pourra avoir.
C'est une action en tout cas limitée dans le temps puisqu’une fois la Constitution rédigée et approuvée, d’abord par le Parlement puis par référendum, de nouvelles élections législatives devraient être organisées.

A voté! Benghazi, le 25 juin 2014. © REUTERS/Esam Omran Al-Fetori

Les « poids lourds » passent leur tour

Les « poids lourds » de la politique libyenne ont préféré passer leur tour cette fois-ci. L'Assemblée sortante, de toute façon, a souvent légiféré sous la pression et même la menace des milices armées, et ce sera sûrement le cas pour la nouvelle. Les candidats élus, qui ne sont pas officiellement épaulés par un parti, devront rapidement s’entendre pour régler les problèmes à la tête de l’exécutif.

A l’heure actuelle, la Libye compte deux Premiers ministres: Ali Zeidan et Ahmed Miitig. Ils devront aussi se prononcer sur le cas du général dissident Khalifa Haftar, qui a pris l'initiative d'affrontements contre les islamistes armés dans l'Est. D’après les textes, la nouvelle Assemblée devra déménager à Benghazi, mais en raison de l'insécurité dans la deuxième ville du pays, ce sera sans doute la première règle à être bafouée par les nouveaux élus.

Par ailleurs, on a appris dans la nuit que Salwa Bughaigis a été assassinée chez elle à Benghazi. Elle avait été l'une des premières à manifester en 2011, c'était une avocate et militante des droits de l'homme.