Le sommet de l'UA a fixé la feuille de route pour la Centrafrique

Le 23e sommet de l'UA s'est tenu à Malabo, capitale de la Guinée équatoriale, les 26 et 27 juin 2014.
© Union africaine

Le sommet de l'Union africaine s'est terminé ce vendredi 27 juin. L'agriculture et les enjeux sécuritaires ont été au coeur des débats. Mais le sommet a été surtout marqué par une réunion en marge qui a rassemblé les chefs d'Etat d'Afrique centrale à propos de la situation en Centrafrique. Outre le président Idriss Déby, le Camerounais Paul Biya, le Congolais Denis Sassou-Nguesso, le Gabonais Ali Bongo ainsi que l'hôte de la réunion, le président de la Guinée équatoriale Teodoro Obiang, ont participé à cette réunion à laquelle a aussi pris part la présidente de la transition centrafricaine Catherine Samba-Panza. Six mois après son élection, celle-ci a reçu une nouvelle fois le soutien de ses pays voisins, mais un soutien assorti de certaines conditions.  

« Je suis une femme de combat. Je ne suis pas femme à démissionner », a confié hors micro la présidente de transition centrafricaine. « Nous soutenons sans réserves Madame Catherine Samba-Panza », a lancé de son côté le secrétaire-général de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale, le Tchadien Ahmat Allami.

De fait, dans leur communiqué final, les chefs d'Etat ont réitéré leur soutien à la présidente de la transition, mais ils ont aussitôt ajouté qu'ils prenaient acte de sa volonté de remanier son gouvernement. C'est une façon à peine voilée de faire savoir à leur interlocutrice qu'ils l'invitaient très fortement à ouvrir largement son futur gouvernement à la communauté musulmane du nord de la Centrafrique. 

Au début de la réunion, les présidents de la sous-région ont écouté un exposé de Catherine Samba-Panza. Celle-ci a reconnu des « insuffisances ».

Puis ils l'ont invité à sortir de la salle et se sont concertés entre eux. A la fin, ils l'ont rappelée pour lui dire qu'ils souhaitaient que tous les Centrafricains, y compris les ex-Seleka et les anti-balakas se retrouvent prochainement dans un grand forum, à Brazzaville, à une date qui reste à déterminer.


A Bangui, les anti-balakas affichent leurs bonnes résolutions

Les anti-balakas ont tenu ce vendredi une réunion destinée à prouver qu'ils avaient retrouvé leur unité. Sébastien Wenezoui et Patrice Edouard Ngaissona, les deux chefs qui s'étaient divisés en mai, ont présenté aux commandants de zone de l'intérieur du pays, mais aussi aux représentants des autorités et de la communauté internationale, la nouvelle organisation de leur mouvement.

Au cours de la réunion d'hier, les chefs anti-balakas ont officialisés leur volonté de s'organiser et de parler d'une seule voix. Ils ont également réaffirmé leur désir de réconciliation avec les musulmans qu'ils avaient longtemps pris pour cible.

« Notre pays est un pays laïque. Les musulmans et les chrétiens vivaient depuis longtemps ensemble, dans la symbiose. Nous avons intérêt à ramener la paix », lance Emotion Brice Namsio, porte-parole du nouveau bureau.

Pour le chef du gouvernement centrafricain, André Nzapayéké, cette clarification des interlocuteurs est en soi une bonne chose pour le processus de dialogue : « en ma qualité de Premier ministre, je suis encouragé de voir que ces gens ont enfin compris qu'il faut vraiment calmer le jeu, et s'ils réussissent à s'entendre entre eux, je pense que l'on pourra enfin ouvrir un dialogue politique. »

La réorganisation des anti-balakas intervient alors qu'une première médiation entre séléka et anti-balakas avance progressivement sous l'impulsion d'une ONG centrafricaine. Le Premier ministre, lui, a indiqué à RFI sa volonté de faire en sorte que le dialogue s'accélère dans les semaines qui viennent pour que les machettes repartent dans les champs et servent à l'agriculture.