L’opposition équato-guinéenne appelle l'UA à des pressions sur Obiang

Le président de Guinée équatoriale Teodoro Obiang Nguema, au pouvoir depuis 1979.
© AFP/ Xavier Bourgois:

Au moment où se déroule le 23e sommet des chefs d'Etat de l'Union africaine à Malabo, l'opposition équato-guinéenne en exil saisit l'occasion pour demander aux chefs d'Etat de faire pression sur le président Théodoro Obiang Nguema pour qu'il organise au plus vite une transition politique dans son pays.

L'opposition équato-guinéenne en exil a appelé les dirigeants africains, qui participent au sommet à Malabo du 20 au 27 juin, à faire pression sur le président Teodoro Obiang Nguema, au pouvoir depuis 1979, pour qu'il organise une transition politique pacifique. 

Raimundo Ela Nsang, le secrétaire général de la Coalition d'opposition pour la restauration d'un Etat démocratique (Cored) affirme que « maintenant, la Guinée équatoriale se trouve dans une situation de dérives courantes, une dérive économique, une dérive sociale. Nous aimerions dire aux chefs de gouvernement africains qu’il est bien de rappeler au président Obiang que seulement une transition politique ordonnée dans les plus brefs délais peut aboutir à une vraie démocratie et éviter le chaos ».

Pression pour le changement

Le secrétaire général de la Cored ajoute que « les gens ont tendance à dire que le peuple de la Guinée équatoriale, c’est un peuple pacifique, c’est un peuple qui ne peut pas se révolter. Mais nous, nous ne croyons pas cela. Tôt ou tard, le changement va arriver d’une façon ou d’une autre, mais nous voulons éviter un bain de sang en Guinée équatoriale. C’est pour cela que nous appelons aux chefs d’Etat africains de faire le nécessaire pour parler avec leurs confrères, en tant que politiciens. En tant que leader d’une coalition d’opposition, c’est de mon rôle de rappeler aux chefs d’Etat africains de faire le nécessaire pour faire la pression sur le président Théodoro Obiang Nguema ».

Réaction de Malabo

Sur ces questions équato-guinéennes, la réponse des autorités au pouvoir est claire. « Avant de dire que l’opposition a appelé au dialogue, le chef de l’Etat, son excellence Théodoro Obiang Nguema, ne fait que cela. Il appelle toujours au dialogue. Il a fait des progrès dans ce pays. Aujourd’hui, nous avons plus de treize partis politiques en Guinée équatoriale. Et par cette voie-là, il appelle tous ces partis politiques au dialogue », déclareAgapito Mba Mokuy, le ministre équato-guinéen des Affaires étrangères.

Maturité politique en évolution

Le chef de la diplomatie équato-guinéenne souhaite un dialogue national qui engloberait l'ensemble des partis politiques. « On n’invite pas seulement ceux qui sont en Guinée équatoriale, mais les partis politiques qui sont toujours à l’extérieur de venir en Guinée équatoriale et de participer à ce dialogue politique », dit-il.

Enfin, « la Guinée équatoriale est un pays qui a souffert beaucoup. C’est un pays qui a eu l’indépendance en 1968 simplement, et après 1968, nous avons eu onze années d’une période dictatoriale. Et aujourd’hui, on peut voir clairement une évolution dans la maturité politique du pays », conclut-il.


Relaxe de Transparency : Malabo juge la procédure déplacée

Teodorin Obiang, fils du président de Guinée équatoriale, a perdu le 26 juin son procès en diffamation contre le président de Transparency International France, qui a été relaxé par le tribunal correctionnel de Paris. Daniel Lebègue était poursuivi pour une interview publiée le 16 février 2012 dans le quotidien français Le Parisien, au moment d'une spectaculaire saisie du mobilier d'un immeuble de l'avenue Foch à Paris, dans une enquête portant notamment sur le patrimoine du président équato-guinéen.

Le président de l'ONG anticorruption y affirmait notamment que Teodorin Obiang, vice-président de la Guinée équatoriale, achetait biens immobiliers et voitures de luxe « avec l'argent des contribuables guinéens ». Teodorin Obiang a été mis en examen le 18 mars pour blanchiment de détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et abus de confiance par les juges qui enquêtent, depuis décembre 2010, dans le cadre de l'affaire dite des « biens mal acquis ».

Procédure contestée

A Malabo, on juge cette procédure déplacée. Agapito Mba Mokuy, le ministre de la diplomatie équato-guinéenne, s’interroge : « Qui a acquis les biens mal acquis des autres ? Le continent africain a subi la colonisation pendant des années. Nous savons que pendant la colonisation, l’Afrique n’avait pas du tout la capacité de même défendre ses ressources naturelles. On a eu le pillage des ressources du continent africain vers d’autres continents. Est-ce que ça, ce ne sont pas des biens mal acquis ? Vous parlez du fils du président, ce n’est pas le fils du président. C’est le vice-président d’un Etat. Il faut mentionner les choses comme elles sont. Il ne faut pas le diminuer en parlant d’un fils de ceci ou d’un fils de cela ».

Primauté de la justice équato-guinéenne

En matière de justice, Agapito Mba Mokuy, le ministre des Affaires étrangèresest formel.« Si quelque chose s’est passé en Guinée équatoriale, il faut que la justice équato-guinéenne passe. Il faut que les Equato-guinéens puissent juger la personnalité qui a pris les biens de la Guinée équatoriale, dit-il. Aucun autre Etat n’a le droit de dire ce qui se passe en Guinée équatoriale ou dans un autre pays africain, ce jugement-là appartient aux Africains ».

Teodorin Obiang Nguema est soupçonné d'avoir détournée des sommes colossales. © AFP PHOTO / ABDELHAK SENNA

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