Crash de la Yemenia Airways: 5 ans après, l’enquête peine à aboutir

Débarquement, à Moroni le 14 septembre 2009, de conteneurs où se trouvent les restes humains de 59 des 152 victimes du crash de l'Airbus A-310 de la Yemenia.
© (Photo : AFP)

Il y a cinq ans, ce 29 juin, un avion de la Yemenia Airways s’abîmait en mer, au large des Comores. La catastrophe aérienne faisait 152 victimes et une seule survivante, une jeune fille retrouvée accrochée à un débris de l’épave après avoir passé de longues heures en pleine mer. Les familles des victimes décrivent une « maltraitance judiciaire », un cruel manque d’information.

Les proches des victimes du vol de la Yemenia prient à l’aéroport de Marseille, avant de s'envoler pour Moroni dans un avion de la compagnie française, Blue Line, le 13 juillet 2009. © (Photo : AFP)

Cinq ans après les plaies restent béantes pour les familles et amis des victimes. Impossible pour eux de faire leur travail de deuil, disent-ils, car ils ne savent toujours rien. Aucune sanction et aucune information, déplorent-ils, sur « la chaîne de responsabilités ». Zenaïda, jeune maman, élève aujourd’hui seule ses enfants. Son compagnon était à bord du vol 626 de la Yemenia Airways. Un drame, beaucoup de questions mais aucune réponse. « Je voudrais bien savoir ce qui s’est passé… je le vis mal alors avoir les mots pour mes petits, c’est dur ! » confie-t-elle.

Yemenia Airways : tirer des leçons du drame

Soutien indéfectible auprès de ces familles, Saïd Assoumani a perdu trois membres de sa famille dans la catastrophe : une soeur, son beau-frère et sa nièce. Il préside l’association d’aide aux proches des victimes à Marseille. Militant de la première heure, il s’insurge contre l’impunité dont bénéficie la compagnie Yemenia. « A ce jour, cinq ans après, on est aussi convaincu que rien n’est fait pour améliorer les conditions de transport : aucune leçon n’a été tirée de cet accident. Notre revendication principale, c’est l’interdiction de la Yemenia ! »

Depuis un an pourtant le dossier progresse avec une mise en examen pour homicides involontaires et deux rapports, technique et judiciaire, accablants pour la Yemenia mais pour l’un des avocats des familles, la partie est loin d’être gagnée car la compagnie retarde les procédures : comme elle ne coopère pas, cela crée des difficultés pour le juge d’instruction explique t-il, « pour avoir les éléments de preuve. On espère qu’il y aura un procès pénal parce qu’il y a une mise en examen » mais il n’y a aucune certitude. A l’inverse, en France, le premier procès civil, pour les indemnités, est prévu le 8 septembre prochain.