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Madagascar

Les enlèvements, un problème majeur d’insécurité à Madagascar

Une patrouille de police malgache.
© AFP PHOTO / RIJASOLO

A Madagascar, après les voleurs de zébus, l'autre problème d'insécurité que connaît le pays, ce sont les enlèvements contre rançons. Ces kidnappings visent, dans la très grande majorité des cas, les ressortissants de la communauté indienne, installée à Madagascar depuis la fin du XIXe siècle, ainsi que les ressortissants étrangers, Mauriciens, Chinois et Français.

A Madagascar, le ministre de la Sécurité publique calme le jeu. Selon Blaise Richard Randimbisoa, « les enlèvements de membres de la communauté indienne de Madagascar et d'étrangers sont en baisse depuis l'époque de la Transition. Ces deux cas [un ressortissant de la communauté indienne enlevé sur la côte est du pays, dont la famille est toujours sans nouvelle malgré le paiement d'une rançon, et un cadre mauricien enlevé il y a quelques jours dans la capitale], en même temps, sont une coïncidence, et nous sommes sur des pistes. »

Le directeur éditorial du quotidien l'Express de Madagascar perçoit tout de même « un manque de volonté politique, de lutter contre ces kidnappings ». Et pour Sylvain Ranajalahy : « C'est parce que les autorités sont mouillées. »

Les familles ont peur d’une police corrompue

Le kidnapping serait devenu un avatar de la corruption qui gangrène le pays, comme les vols de zébus ou le trafic de bois de rose. Le ministre et le journaliste confirment que ce sont bien les membres de la communauté indienne et les étrangers qui sont visés en priorité, parce ce qu'ils ont la réputation d'avoir beaucoup d'argent, et de payer les rançons sans faire appel à la police. Selon le ministre de la Sécurité publique, « ils ont peur [de la police, ndlr], à cause de sa réputation d'être corrompue ». Blaise Richard Randimbisoa ajoute : « Par exemple, nous sommes en ce moment sur la piste d'un réseau qui implique un juge d'instruction toujours en activité. »

Les rançons versées aux kidnappeurs tournent généralement autour 80 000 euros, soit à peu près 2 000 fois le salaire mensuel minimum à Madagascar.

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