Ghana: l'élimination de la Coupe du monde vire au scandale d'Etat

Le onze de départ du Ghana à Brasilia face au Portugal.
© REUTERS/Ueslei Marcelino

L'affaire est gérée par le président de la République. Suite à l'élimination de l'équipe nationale ghanéenne, les Blacks Stars, à la Coupe du monde au Brésil, John Dramani Mahama a exigé la mise en place d'une commission d'enquête pour faire toute la lumière sur cet échec. Le chef de l'Etat ghanéen n'a visiblement pas supporté le comportement des joueurs, précisément avant et après le dernier match des Blacks Stars le jeudi 26 juin contre le Portugal. Match qui aurait pu emmener le Ghana en 8e de finale de la Coupe du monde.

48 heures avant ce match capital, le 24 au soir, la colère des joueurs qui exigent de toucher leurs primes en cash, se transforme en violence. L'entraîneur, Kwessi Appiah, est pris à partie. Kevin-Pince Boateng court lui après, un tesson de bouteille à la main, puis lance une tablette numérique dans sa direction. Au même moment, un second joueur, Sulley Muntari agresse le délégué du ministre des Sports. Dans le plus grand secret, les deux fauteurs de troubles sont exclus de l'équipe. Le lendemain matin, depuis Accra, le président Mahama se plie aux désirs des stars du ballon rond. Un avion quitte la capitale direction le Brésil. A bord, trois millions de dollars.

photo du convoi sécurisé qui transporte les 3 millions de dollars.

Cette histoire rocambolesque fait le tour du monde, la diffusion de cette information provoque un premier scandale. Le soir, à l'hôtel, l'argent est distribué. Le défenseur central, John Boye, est alors filmé par la chaîne TV GLOBO en train d'embrasser l'enveloppe qui contient ses 100 000 dollars de prime. Second taulé.

John Boye "embrasse ses primes".

Le 26, après un très mauvais match et une défaite 2-1, le Ghana quitte la compétition. A la sortie des vestiaires, dans la zone mixte, les joueurs, contrairement aux règles, refusent toute interview. Plus grave, certains, notamment le capitaine, Asamoah Gyan, insultent les journalistes. Et pendant que leurs co-équipiers perdent sur le terrain, les deux exclus de l'équipe, Kevin-Pince Boateng et Sulley Muntari, se prennent en photo devant la plage puis diffusent leur photo sur les réseaux sociaux en indiquant : #dontbelievethehype, traduction : « Ne crois pas la rumeur, ne crois pas les médias. »

Le jour de la défaite du Ghana contre le Portugal. Kevin-Pince Boateng et Sulley Muntari devant la plage.

Triste fin de Coupe du monde et début des travaux de la commission d'enquête. L'entraîneur, qui a conservé sa place, a déjà annoncé que les joueurs de l'équipe nationale devront dorénavant signer « un contrat de bonne conduite ».