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Algérie

Algérie: des salafistes contre les synagogues

Une ancienne synagogue, à Tlemcen, en Algérie, aujourd'hui transformée en école d'arts martiaux.
© AFP PHOTO / MEHDI FEDOUACH

En Algérie, une manifestation a réuni quelques dizaines de personnes dans un quartier populaire de la capitale. Les manifestants, des salafistes, veulent protester contre l'annonce officielle de la réouverture des synagogues dans le pays.

Ce n’est pas la première fois qu'Abdelfattah Hamadache, imam salafiste du quartier de Bellecourt, proche du Front islamique du salut (FIS), appelle à manifester. Il y a quelques semaines, c’était pour s’opposer au ministre du Commerce qui venait de donner plusieurs autorisations d’ouverture de magasins d’alcool.

Vendredi, plusieurs dizaines d’hommes ont manifesté contre la réouverture des synagogues, mesure annoncée par le ministre des Affaires religieuses. Ils considèrent que l’Algérie est musulmane et qu’il n’y a pas de place pour une autre religion.

Cette manifestation, rapidement bloquée par les forces de l’ordre, n’a surpris personne. Mais l’annonce du ministre, en revanche, a laissé certains observateurs sans voix. Chaque été, la police arrête certaines personnes sous prétexte qu’elles mangent en plein jour pendant le ramadan, le ministre affirmant que le respect du jeûne était une affaire personnelle.

Alors lorsqu’il affirme que les synagogues vont être ouvertes après 20 ans de fermeture pour des raisons de sécurité, la presse ne sait pas comment réagir. Si les journaux défendent pour la majorité la liberté de culte, difficile de savoir si la mesure sera vraiment appliquée. Les commentaires se multiplient sur les réseaux sociaux, mais les salafistes, eux, sont bien les premiers à rendre le débat public.

Contre la « judaïsation » de l'Algérie

En Algérie, la communauté juive est discrète, mais elle existe toujours. Les synagogues sont fermées pour des raisons de sécurité depuis que dans les années 1990, deux figures de cette communauté avaient été assassinées.

Les manifestants, qui ont dénoncé cette mesure comme « une provocation contre les musulmans en plein ramadan », disent vouloir s’opposer à la « judaïsation » de l'Algérie. Ils craignent que la réouverture des synagogues soit un premier pas vers une normalisation des relations de l'Algérie avec Israël.

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