Sahara occidental: pour le Maroc, l’attitude de l’Algérie est minable

Le Sahara Occidental.
© (Carte : S. Borelva / RFI)

La tension monte entre l’Algérie et le Maroc. Au point que le ministre marocain des Affaires étrangères a qualifié, jeudi, de «minable » l'attitude de l'Algérie sur le dossier du Sahara occidental. Pour le chef de la diplomatie marocaine, Alger est derrière la désignation fin juin d'un envoyé spécial de l'Union africaine pour le Sahara occidental.

C'est l'ancien président mozambicain, Joachim Chissano qui a été désigné comme nouvel envoyé de l’UA pour le Sahara occidental. Et sa nomination ne passe pas au Maroc. Dès le 1er juillet, dans un communiqué de la MAP, l'Agence marocaine de presse, Rabat s'en est pris d'abord à l'Union africaine. « L'UA n'a aucune base juridique aucune légitimité morale pour intervenir de quelque manière que ce soit dans ce dossier, dit Rabat. L'ONU et l'ONU seulement a été mandatée pour recherche une solution politique », rappelle le Maroc.

Jeudi, le ministre marocain s'en est pris directement à l'Algérie, lors d'une audition publique devant une commission parlementaire. Pour Salaheddine Mezouar, c'est grâce au lobbying d'Alger, qui siège à l'Union africaine contrairement au Maroc, que l’organisation panafricaine a désigné un envoyé spécial.

Le Maroc en conflit avec l’Algérie

L'Algérie utilise « tous les moyens financiers et logistiques pour contrecarrer les efforts du Maroc visant à trouver une solution », dit le chef de la diplomatie marocaine. « Les méthodes utilisées sont vraiment minables », a-t-il même déclaré ajoutant que le Maroc n'était pas en conflit avec le Polisario, mais avec l'Algérie.

La personne même de Joachim Chissano n'a pas été officiellement directement visée pour l'instant, mais la presse marocaine ne s'est pas privée de pointer sa proximité avec l'Algérie. Rappelant qu’il a été l’homme clé du Frelimo, qui a lutté pour l'indépendance du Mozambique, sur le modèle du FLN algérien.

Depuis des années, le dossier du Sahara occidental est au coeur de la brouille politique entre le Maroc et l’Algérie. Un dossier qui bloque même l'UMA, l'Union du Maghreb arabe. Et les propos du ministre marocain des Affaires étrangères en sont une nouvelle preuve.