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RDC Humanitaire

Un an après leur rapt, le message de MSF à ses otages en RDC

Un véhicule de MSF devant le centre de lutte contre le sida de Kabinda, à Kinshasa.
© AFP PHOTO / LIONEL HEALING

L'organisation Médecins sans frontières a diffusé vendredi un message sur plusieurs radios de République démocratique du Congo, un an après l'enlèvement de quatre membres de leur équipe locale. Le 11 juillet 2013, Chantal, Philippe, Richard et Romy étaient à Kamango, dans le territoire de Beni, pour évaluer les structures de santé quand un groupe armé a attaqué la ville. Un groupe qui pourrait être les ADF-Nalu, les rebelles ougandais contre lesquels l'armée a lancé une offensive depuis janvier, sans trouver trace de ces otages. 

« À Chantal, Philippe, Richard, Romy et tous ceux qui sont aujourd'hui retenus en otage, nous voulons dire ici que nous ne les oublions pas. » C'est ainsi que se termine le message diffusé vendredi par MSF sur plusieurs stations de radio au Congo.

C'est la dernière action en date de l'ONG qui a longtemps hésité à communiquer sur la disparition des membres de son équipe, préférant multiplier les contacts pour obtenir leur libération. Ils sont une petite dizaine de personnes à aujourd'hui travailler au sein de MSF, entre Paris et la RDC, pour identifier les ravisseurs qui n'ont ni revendiqué, ni demandé de rançon.

Une véritable cellule de crise qui, pour l'essentiel, est basée à Béni, chef-lieu du territoire où se trouve Kamango. L'attaque du 11 juillet a été attribuée aux ADF-Nalu, avec peut-être la participation de groupes Maï-Maï congolais. Parmi les indices de l'implication des rebelles ougandais, la carte de l'un des employés de l'organisation qui aurait été retrouvée par l'armée dans l'un des camps appelés Madina, récupérés depuis le début de l'offensive en janvier. C'est en tout cas ce qu'affirme le groupe d'experts des Nations unies sur le Congo.

Six mois d'opérations militaires et très peu de libérations d'otages, alors que ce groupe est censé en détenir plusieurs centaines. Les ADF, qui restent à ce jour l'un des groupes armés les plus mystérieux du Congo, dont on ne connait ni le commandement opérationnel, ni l'organisation. Selon le dernier rapport du groupe d'experts des Nations unies sur le Congo, malgré les lourdes pertes côté FARDC, la chaine de commandement et de contrôle des ADF serait intacte et aurait le potentiel de se reconstituer comme cela a été le cas après la précédente offensive en 2010.


Le message de MSF à ses employés, en intégralité

Chantal, Philippe, Richard et Romy travaillent avec Médecins sans frontières. Ils ont été enlevés le 11 juillet 2013 à Kamango, au cours d’une mission d’évaluation des structures de santé. Leur nom s’ajoute à la longue liste de personnes disparues dans la province du Nord Kivu et dont on est aujourd’hui sans nouvelles.

En RDC, en Ouganda et dans d’autres pays, nous continuons sans relâche d’essayer d’entrer en contact avec eux ou avec ceux qui pourraient faciliter leur libération. En vain. Comme tous ceux qui sont à la recherche de leurs proches, nous nous heurtons au silence ou ne réussissons pas à obtenir d’informations nous permettant de progresser de manière décisive dans nos recherches.

Un an après, nombreux sont pourtant ceux qui s’associent à nos efforts pour les retrouver, et dont les encouragements à persévérer, les promesses de résolution imminente et les déclarations ou témoignages indiquant que nos collègues sont en vie renforcent l’espoir de les voir au plus tôt retrouver leur famille.

À ceux qui retiennent nos collègues, nous demandons de les libérer au plus vite et d’apaiser ainsi la douleur de leurs proches, comme celle de tous ceux qui sont à la recherche d’un parent, d’un ami.

À Chantal, Philippe, Richard, Romy et à tous ceux qui sont aujourd’hui retenus en otages, nous voulons dire ici que nous ne les oublions pas.

Dr Mego Terzian
Président de Médecins sans frontières

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