7500 réfugiés nigérians dans une situation «urgente» au Cameroun

Des réfugiés nigérians ayant fui les combats entre l'armée nigériane et les combattants de Boko Haram, au nord du Cameroun, en mars 2014.
© AFP PHOTO / REINNIER KAZE

Près de 7500 réfugiés en provenance du Nigeria seraient arrivés dans le nord du Cameroun depuis le mois de mai, d’après le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés. La plupart ont fui les États nigérians d’Adamawa, de Yobé et de Borno, où les attaques de groupes armés persistent. Le directeur régional adjoint du Programme alimentaire mondial (PAM) au Cameroun, qui leur distribue de l’aide, estime que la situation est urgente.

Il aura fallu une étude du PAM à la fin du mois de juin pour mesurer l’urgence de la situation de ces réfugiés nigérians. L'étude révèle des taux alarmants de malnutrition, particulièrement chez les enfants de six mois à cinq ans. Un quart de ces enfants sont touchés. On est bien au-delà des 15 %, le seuil critique qui nécessite une assistance d’urgence.

Zones à risques

« Nous assistons quelque 7 500 réfugiés, avec une ration qui couvre leurs besoins énergétiques et nutritionnels, détaille le directeur régional adjoint du PAM au Cameroun, Patrick Teixeira. Les besoins sont énormes. C’est pour cela que nous sommes en train de travailler afin d’apporter l’assistance complémentaire nécessaire dans les autres secteurs vitaux de la santé, de l’hygiène, l’assainissement, et l’éducation ».

Une assistance qui demande une plus grande mobilisation et un réseau logistique plus développé, afin de faciliter l’accès à des zones à risques : « Nous avons monté cette opération avec toutes les conditions de sécurité requises : nous avons travaillé en étroite collaboration avec les autorités camerounaises et avec d’autres partenaires humanitaires pour faciliter l’accès aux localités qui hébergent ces réfugiés ».

C’est la première fois que le PAM intervient si près de la frontière nigériane. Cette zone reste marquée par une situation sécuritaire instable due aux attaques à répétition de Boko Haram.

Un bataillon de soldats tchadiens pour combattre Boko Haram

La présence des combattants de Boko Haram est également une source de préoccupation pour les autorités tchadiennes. Selon le quotidien gouvernemental Le Progrès, l'armée aurait déployé un bataillon supplémentaire de 800 hommes dans la région du lac Tchad afin de renforcer la sécurité à la frontière, dans la région la plus exposée à la menace de ce groupe armé.

Aucun des membres du gouvernement tchadien contactés par RFI n'était en mesure de confirmer ou de commenter cette information. Mais du côté de la présidence, on rappelle que le président Idriss Deby avait lui-même annoncé cette mesure lors de sa dernière visite dans la région du lac Tchad.