Etat islamique: allégeance, soutien, hésitation des groupes africains

Première apparition publique d'Abou Bakr al-Baghdadi, le «calife du jihad», le 5 juillet 2014.
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La proclamation du califat par l'Etat islamique en Syrie et en Irak peut-elle entrainer une redéfinition des alliances jihadistes en Afrique ? Après cette proclamation le 29 juin dernier, le nouveau calife auto proclamé Abou Bakr al-Baghdadi a demandé a tous les musulmans et donc aux autres groupes jihadistes de lui prêter allégeance. Or en Syrie, son groupe, l'Etat islamique, est en guerre ouverte avec son rival al-Qaida et son chef Ayman al-Zawahiri. En Afrique, ces derniers jours, plusieurs communiqués de groupes jihadistes lui apportent son soutien, sans pourtant prêter allégeance.  

La proclamation du califat par Abou Bakr al-Baghdadi, émir de l'Etat islamique et maître d'une partie de la Syrie et de l'Irak, place les jihadistes africains dans l'hésitation. En théorie, cette proclamation devrait les pousser à se positionner en prêtant ou non allégeance au leader irakien, mais aucun n'a fait ce choix pour le moment.

Une allégeance les placerait en effet en porte a faux vis-à-vis de la maison mère d'al-Qaida centrale. Car le chef de l'Etat islamique conteste le leadership du jihad mondial à Ayman al-Zawahiri, numéro 1 d'al-Qaida.

En Afrique, les groupes jihadiste se contentent de communiqués de soutien au chef de l'Etat islamique. Dernier en date, Boko Haram : « Qu'Allah te protège, Abou Bakr al-Baghdadi », déclare le Nigérian Abubakar Shekua dans sa dernière vidéo, tout en souhaitant le même message à son rival d'al-Qaida.

Quelques jours avant, le Mauritanien Hamada ould Mohamed Kheirou, fondateur du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'ouest (Mujao) diffusait lui aussi un communiqué de soutien au califat d'Abou Bakr al-Baghdadi.

L'ennemi numéro un des Occidentaux, Mokhtar Belmokhtar, avait lui renouvelé son allégeance à Ayman al-Zawahiri en avril... mais rien depuis la proclamation du califat.

Rien non plus du coté d'Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) qui s'est contenté de féliciter l'Etat islamique pour ses victoires en Irak. Résultat, Abou Bakr al-Baghdadi compte des soutiens en Afrique mais n'a pas encore de franchises comme son rival al-Qaida.