Libye: l'ONU évacue son personnel

Une épaisse fumée noire s'échappe de l'aéroport de Tripoli, dimanche 13 juillet.
© REUTERS/ Hani Amara

Une évacuation « pour des raisons de sécurité », en particulier après les combats de dimanche autour de l'aéroport de Tripoli. Des combats dont le bilan fait état d'au moins 6 morts et 25 blessés mais aussi des dégâts matériels importants. Et ce lundi 14 juillet au soir, il y a eu de nouveaux tirs de roquettes contre l'aéroport de Tripoli.

Sur son compte Twitter, la mission des Nations unies (Unsmil) dit espérer revenir au plus vite en Libye mais actuellement les conditions de sécurité ne le permettent plus. Depuis 2011, ses agents présents à Tripoli, Benghazi et Sebha avaient pour mandat d'aider à promouvoir une transition démocratique pacifique. Mais la situation sécuritaire ne cesse de se dégrader dans l'ensemble du pays avec comme cible privilégiée les Occidentaux, humanitaires et diplomates.

L'évacuation du personnel onusien avait déjà commencé depuis une semaine. Dimanche, les affrontements meurtriers entre milices rivales pour le contrôle de l'aéroport de Tripoli ont précipité le départ du reste de la mission. Un retrait temporaire, le personnel sera de retour dès que les conditions de sécurité le permettront, assure l'ONU dans un communiqué.

Sans aucun vol au départ de Tripoli, l'ONU évacue par voie terrestre vers la Tunisie. L'aéroport de Tripoli restera fermé au moins jusqu'à jeudi, et sa fermeture pourrait être prolongée. Au lendemain des combats sur son tarmac une dizaine d'avions de ligne portent des impacts de balles, voire de roquettes. L'attaque de brigades islamistes a finalement été repoussée par les ex-rebelles de la ville de Zenten, qui contrôlent l'aéroport de Tripoli depuis la fin de la révolution en 2011.

Ce lundi soir, l'aéroport de Tripoli a été à nouveau la cible de tirs de roquettes sans que l'on sache pour l'instant s'il y a des victimes. Un avion sur le tarmac a été endommagé. L’aéroport de Misrata (200 km à l'est de Tripoli) a également été contraint de fermer, isolant quasiment le pays. Il n'y a désormais plus que deux aéroports en service, ceux des villes d'Al-Baida et Tobrouk, dans l'est de la Libye.

Craintes d’un conflit plus large

Et après les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l'Italie, la France a dit redouter « une extension du conflit et appelle toutes les parties au calme et au dialogue ».

→ A (RE) LIRE : Libye: les pays voisins craignent une contagion de la crise