Economie et sécurité au cœur de la tournée africaine de Hollande

François Hollande est arrivé à Abidjan, jeudi 17 juillet, où il a rencontré Alassane Ouattara.
© REUTERS/Luc Gnago

François Hollande est en voyage officiel en Afrique. Le président français entame une tournée en Côte d'ivoire, au Niger et au Tchad : trois destinations pour parler économie et sécurité au Sahel. Le chef de l’Etat français débute son voyage, ce jeudi, par Abidjan où il est accompagné d'une importante délégation de chefs d'entreprise.

Le premier producteur mondial de cacao est en pleine croissance économique, et la France tient à asseoir sa place de partenaire privilégié en Côte d'Ivoire. Près de 400 hommes d'affaires français et ivoiriens participent ce jeudi à un forum sur le thème de la ville durable, organisé par le Centre de promotion des investissements en Côte d'Ivoire (CEPICI).

« Ce sera pour nous l'occasion de confirmer aux entreprises françaises que la Côte d'Ivoire a retrouvé son élan économique et de dire aux entrepreneurs qu'ils peuvent poser leur valise, chez nous, à Abidjan », explique le président du CEPICI Esmel Emmanuel Essis. Les secteurs en plein développement et pour lesquels les entreprises françaises sont compétentes ne manquent pas, ajoute-t-il, citant « l'agro-business, les mines, l'énergie, les infrastructures ».

Coopération militaire pour le Niger

Niamey sera la deuxième étape de cette tournée. Au menu des discussions, le développement, mais surtout la sécurité. Car le Niger, frontalier du Mali, de la Libye et du Nigeria, est confronté directement aux problèmes sécuritaires de la région. C'est aussi un allié important de Paris. Des patrouilles conjointes franco-nigériennes sont déjà en place dans le pays et pourraient être élargies au Mali pour des opérations communes.

La coopération militaire sera un des principaux points à l'ordre du jour des entretiens qu'auront les présidents François Hollande et Mahamadou Issoufou. Niamey a une fonction stratégique grandissante en matière de renseignement. « Le dispositif au Niger devrait être renforcé, via une augmentation du nombre de drones », précise Yves Fromion, député UMP co-auteur d'un rapport sur le dispositif militaire français en Afrique. « Le renseignement est devenu une donnée fondamentale dans la lutte contre les jihadistes », ajoute le député français.

Les drones ne surveilleront pas que le territoire nigérien, ils ont une vocation sous-régionale. Le Niger fait en effet partie intégrante du nouveau dispositif qui sera installé au Tchad. François Hollande se rendra samedi d'ailleurs à Ndjamena pour discuter de ce futur PC militaire sahélien français. L'idée est de réorganiser les forces, en fusionnant les dispositifs Epervier au Tchad, Serval au Mali et Sabre, qui est le nom donné aux forces spéciales déployées dans la sous-région.

Vers une mise en place du nouveau dispositif

L'objectif est d'être plus efficace, et plus réactif. Pour le général Desportes, ancien directeur de l'Ecole de guerre et professeur de stratégie à Sciences Po, il y a une vraie cohérence avec ce dispositif en étoile basé au Tchad où la France a déjà des installations militaires. « Le centre de commandement sera au Tchad, où seront stationnés les avions qui participeront à l'opération, mais des soldats seront aussi positionnés au Mali, des forces spéciales à Ouagadougou, et les drones de Niamey complèteront le dispositif », détaille le général.

L'installation du nouveau QG français à Ndjamena a été retardée par les événements de Kidal, au nord du Mali, fin mai. François Hollande donnera-t-il le coup d'envoi de ce dispositif samedi ? Tout est prêt, dit-on, dans les couloirs de l'Elysée.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.