François Hollande rencontre l'opposition ivoirienne

Le président français François Hollande lors d'une conférence de presse au palais présidentiel à Abidjan, le 17 juillet 2014.
© REUTERS/Thierry Gouegnon

Dominée par des sujets économiques, la visite de François Hollande en Côte d’Ivoire ce jeudi 17 juillet a aussi été marquée par sa rencontre avec les partis de l’opposition en début de soirée, dont un tête-à-tête de 15 minutes avec le FPI. Après la Côte d'Ivoire, le président Hollande se rend au Niger et au Tchad, où il sera question du nouveau dispositif français de lutte anti-terroriste au Sahel. 

L'accueil réservé au président français à son arrivée à l'aéroport de la capitale économique ivoirienne a été chaleureux. Le chef de l'Etat français compte sur ce déplacement pour conforter la place des très nombreuses entreprises françaises implantées en Côte d'Ivoire, dont la France est le premier partenaire commercial. Mais lors de sa conférence de presse avec le président Ouattara, François Hollande a aussi évoqué la réconciliation politique. Et il a montré en exemple la Côte d'Ivoire. Il souhaite que beaucoup de pays d'Afrique organisent à leur tour des élections apaisées et pleinement démocratiques. 

Malgré la satisfaction exprimée par le chef de l’Etat français sur la manière dont la Côte d’Ivoire, sous la présidence d’Alassane Ouattara a réussi à se redresser trois ans après une violente crise qui a fait officiellement 3 000 morts, François Hollande a maintenu une rencontre avec l’opposition ivoirienne en général et en particulier un tête-à-tête avec le président du FPI, l’ancien Premier ministre Pascal Affi N’Guessan.

Une incongruité lors d’une visite officielle, mais une façon aussi pour le président français de faire pression sur le pouvoir, pour qu’il ouvre le jeu démocratique. Mais ce n’est pas pour autant une victoire pour le FPI, le parti de l’ex-président Laurent Gbagbo.

A l’approche de la présidentielle d’octobre 2015 en Côte d’Ivoire, François Hollande a dit à Pascal Affi N’Guessan que « quand les élections sont organisées de manière libre et transparente, le FPI doit y participer s’il veut exister demain ». 

Le FPI pose la question de la transparence. Il critique notamment la composition de la nouvelle commission électorale indépendante et refuse encore de nommer son représentant à cette CEI. Pascal Affi N’Guessan souhaite que la France conseille au pouvoir ivoirien d'instaurer une commission électorale consensuelle.

Renseignement et lutte contre le terrorisme au menu de la tournée de Hollande

Le président français est ce vendredi 18 juillet au Niger avant de se rendre samedi au Tchad. Déplacement quelques jours après l'annonce de « Barkhane », l'opération régionale française dans le Sahel destinée à contrer notamment la menace terroriste.

Niger et Tchad sont devenus les pivots de la nouvelle doctrine de l'armée française au Sahel. Niamey accueille les principaux moyens de renseignement, avec notamment des drones et environ 500 hommes.

A Ndjamena, on trouve un millier d'hommes, le poste de commandement, chargé de conduire les opérations dans toute la zone et la principale base aérienne.

Avec la fin de Serval, la France a décidé d'élargir son action à toute la bande sahélienne. Outre le Niger et le Tchad, l'armée sera présente aussi au Burkina Faso, en Mauritanie et au Mali. Total des effectifs : 3 000 hommes, auxquels s'ajoutera l'appui des cinq pays de la région, et l'aide américaine.

Tout cela ne sera pas de trop, tant la situation est loin d'être réglée. Le Nord-Mali est toujours instable. Le trafic, notamment en armes, reste actif, les chefs terroristes n'ont pas été éliminés et ils constituent toujours une sérieuse menace. La preuve encore avec l'attaque-suicide hautement symbolique, le 14 juillet à Almoustarat.

Avec son dispositif, la France veut être plus réactive. Depuis l'an dernier, huit responsables d'Aqmi et AL Mourabitoune auraient été éliminés par l'armée française.

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