François Hollande installe officiellement Barkhane à Ndjamena

Le président français François Hollande et son homologue tchadien Idriss Déby Itno.
© ALAIN JOCARD / AFP

La tournée africaine de François Hollande s'est achevé samedi 19 juillet au Tchad. Le chef de l'Etat français a inspecté samedi à Ndjamena les préparatifs de la nouvelle force militaire française dédiée à la lutte contre le terrorisme au Sahel, Barkhane, qui sera opérationnelle le 1er août prochain. Cette nouvelle force, dont l'état-major sera installé dans la capitale tchadienne, mobilisera 3 000 militaires.

Avec notre envoyé spécial à Ndjamena,

« Nous aurons notre unité de commandement ici à Ndjamena », a annoncé officiellement François Hollande aux militaires français de la base de Kosseï, en périphérie de la capitale tchadienne. Le chef de l'Etat s'est adressé directement aux soldats français durant un quart d’heure, en saluant le travail de chacune et de chacun contre les groupements terroristes.

Le président français a ensuite déjeuné avec 250 soldats de la base et visité le centre de commandement régional.

Autre temps fort de cette visite au Tchad de François Hollande à Ndjamena, son tête-à-tête samedi matin avec le président tchadien Idriss Déby. Cette rencontre a été suivie d’un entretien élargi qui aura duré plus longtemps que prévu, et d’une conférence de presse commune, au cours de laquelle les deux présidents ont rivalisé d’amabilités.

« Un acte extrémement significatif »

Idriss Déby a remercié son hôte pour sa venue. Cette deuxième visite officielle d’un président français au Tchad est « un acte extrêmement significatif », a-t-il dit. François Hollande a, quant à lui, dit sa gratitude au président Déby pour la participation de son pays à Serval et à l’intervention en Centrafrique.

Le président français est venu ici pour expliquer, a-t-il dit, ce que la France va faire en Afrique de l’Ouest. En clair: mettre en place l’opération Barkhane, un dispositif qui se veut beaucoup plus réactif face aux groupes jihadistes.

Cette réorganisation est essentielle, a estimé de son côté Idriss Déby. Même si pour le président tchadien, il est temps que les Africains prennent en charge leur propre sécurité.


Général Desportes : ancien directeur de l'école de guerre et professeur de stratégie à Sciences po et HEC

« L’objectif de l’opération Barkhane est de sécuriser et de contrôler cette autoroute sahélienne, autoroute de la drogue, autoroute, des commerces en tous genres, autoroute du jihadisme.

C’est un dispositif qui à mon sens est là pour longtemps, voire très longtemps. Je pense qu’il faut plutôt compter en dizaines d’années qu’en années, puisque compte tenu de l’instabilité de cette zone, compte tenu de l’instabilité du Moyen-Orient etc., ça va durer très longtemps.

Et c’est une opération qui sera conduite à base de renseignements et puis de frappes, pour aller détruire des convois qu’on aura repérés, les regroupements momentanés de jihadistes, etc.

Donc on met en place un dispositif pour longtemps et dans une zone très importante, puisqu’au fond la surface à contrôler a à peu près la surface de l’Europe. Donc c’est gigantesque, avec des moyens, somme toute, relativement limités : 3 000 hommes pour cette zone c’est peu, une vingtaine d’hélicoptères. On voit qu’on sera très, très loin de pouvoir contrôler facilement l’ensemble de la zone. »