Le nord du Cameroun face à une crise humanitaire

Des réfugiés nigérians ayant fui les combats entre l'armée nigériane et les combattants de Boko Haram, au nord du Cameroun, en mars 2014.
© AFP PHOTO / REINNIER KAZE

Le Cameroun fait face en ce moment à de multiples urgences humanitaires. La sécheresse et les inondations récurrentes dans le nord du pays ont provoqué une crise alimentaire, des épidémies de choléra. A cela s'ajoute l'afflux de réfugiés venant de la République centrafricaine et du Nigeria.

Si la plupart des réfugiés sont installés dans des camps, 34 000 déplacés ont choisi de vivre dans les villages alors que 17 000 personnes sont encore au niveau des points d'entrée du Cameroun. Pour certains d'entre eux, les conditions de migrations ont été difficiles, comme l'affirme Djerassem Bayorem, le porte-parole du HCR au Cameroun : « Les réfugiés qui arrivent font des détours, ça leur prend pour certains trois à quatre mois pour arriver au Cameroun pour échapper aux attaques des milices armées. Donc, les gens restent dans la brousse, sans eau potable, sans nourriture. Certains nous ont dit qu’ils se nourrissaient de racines, d’autres de tubercules de manioc ».

Des conditions qui affectent souvent l'état de santé de ces réfugiés. Des prises en charge sanitaire et alimentaire se font sur les sites et notamment dans les camps, mais tous les réfugiés ne sont pas volontaires pour y aller. « Parmi les réfugiés qui vivent dans les villages, quelques 7 000 nous ont dit qu’ils voulaient aller dans ces sites pour se rapprocher de leur famille et parce qu’ils ne se sentent pas en sécurité près de la frontière, ajoute Djerassem Bayorem. Les autres ne veulent pas y aller, car ils ont commencé à développer des attaches et notamment des petits commerces. Ceux-là vont donc rester dans les villages où ils seront assistés ».

Pour l'instant ces réfugiés centrafricains et nigérians restent épargnés par l’épidémie de choléra qui sévit au nord du Cameroun.