Madagascar: les attentes déçues de la société civile

Hery Rajaonarimampianina, le nouveau président malgache, lors de son investiture le 25 janvier à Antananarivo.
© REUTERS/John Friedrich

A Madagascar, « corruption, compromission et incompétence » sont les mots issus d'un rapport accablant de la société civile contre le nouveau régime d'Hery Rajaonarimampianina. Le Sefafi, l'Observatoire de la vie publique, a titré ce rapport « Les attentes déçues de la IVe République ». Ses membres, des juristes et des politologues malgaches pour la plupart, ont passé en revue les six premiers mois du président au pouvoir, la formation de l'Assemblée nationale, les politiques gouvernementales.

Il y a d'abord les soupçons de corruption, selon Ralison Andrimandranto, l'un des auteurs du rapport, joint par RFI. Le politologue et coordonnateur général du Sefafi, l'Observatoire de la vie publique, parle de soupçons « d'achat de voix des députés », pour constituer la nouvelle majorité acquise au président de la République et qui a renversé l'ancienne présidente de l'Assemblée nationale.

Il y a l'inaction du gouvernement. Ralison Andrimandranto donne en exemple le bois de rose : pourquoi créer un nouveau comité interministériel sur la question, alors que selon lui les « barons » du trafic sont déjà connus ?

Une démocratie « sans opposition »

Il y a la concentration de tous les pouvoirs aux mains du président et de ses proches - à la fois ministres, cadres dirigeants de son parti, et pour son directeur de cabinet, membre du conseil d'administration de la compagnie nationale Air Madagascar. Ralison Andriamandranto dénonce, comme le rapport, une démocratie « sans opposition », de « courtisans », « à la merci de groupe de députés qui agissent en fonction de leurs intérêts ».

Enfin, sur la liberté d'expression, le politologue pointe du doigt la disparition de la revue de presse des programmes de la télévision nationale publique. Une fenêtre qui permettait, selon lui, aux journalistes de sortir de « la voix de leur maître ».