Le Cameroun se réorganise militairement face à Boko Haram

Un soldat camerounais arrive à Darak, sur le lac Tchad, le 1er mars 2013, une région où Boko Haram opère.
© AFP PHOTO / PATRICK FORT

L'état-major camerounais envisage de placer toutes ses forces engagées sur le terrain au sein d'un seul et même commandement opérationnel. La mesure devrait être appliquée dès le 1er août dans l'extrême nord du pays, une région particulièrement exposée aux assauts de la secte islamiste Boko Haram.

L’objectif de ce commandement opérationnel est de réduire la dispersion des moyens et des efforts engagés dans la traque contre Boko Haram. La décision intervient après des constats d’insuffisance de collaborations relevés sur le terrain, notamment en matière de renseignements. Les différentes forces se faisant souvent ombrage jusqu’à dissimuler le précieux renseignement utile.

Ainsi avec l’institution du commandement opérationnel, la police, la gendarmerie, les renseignements généraux, le contre-espionnage et l’administration seront dans l’obligation de communiquer les informations aux unités opérationnelles sur le terrain. Pour Yaoundé, ce resserrement permettra de réduire les faiblesses de son propre dispositif et de mieux se pourvoir face à la secte islamiste dont la détermination est toujours très nuisible.

Vendredi 18 juillet encore, Boko Haram a attaqué un poste de police dans le nord du pays tuant un policier et blessant grièvement un autre. Les policiers intervenaient dans le village frontalier de Nariki, non loin du Nigeria. La zone d'Amchidé, où ils effectuaient leur patrouille, est un important lieu d'échanges, où les contrôles sont difficiles. Preuve que le combat est loin d’être gagné.

Amchidé, c’est un gros poste de douane et non loin de là, à quatre kilomètres, il y a eu un contrôle de routine effectuée par la police. Au moment de l’interception d’un individu, il y a eu un tir venu de l'autre côté de la frontière. Le policier a été atteint de plein fouet.
Colonel Badjkeck
22-07-2014 - Par Adrien De Calan