Centrafrique: l'accord de fin des hostilités signé à Brazzaville

La présidente centrafricaine Catherine Samba-Panza à la tribune, lors des négociations de paix à Brazzaville, le 21 juillet 2014.
© AFP PHOTO/GUY-GERVAIS KITINA

Un accord de fin des hostilités a été signé, ce mercredi 23 juillet au soir, entre les ex-Seleka, les anti-balaka et quatre autres groupes armés au Forum de Brazzaville. Un accord a minima, puisque les délégués ne sont pas parvenus à fixer le cadre du désarmement et la démobilisation des combattants. Il doit prendre effet immédiatement sur l'ensemble du territoire. Cette signature survient au terme de trois jours d'incertitude et d'une série de rebondissements.

Mohamed-Moussa Dhaffane, représentant l’ex-rébellion des Seleka, et Patrice Ngaïssona, pour les anti-balaka, tous deux sont venus signer, main dans la main, un accord de cessation immédiate des hostilités.

En tout, neuf articles qui engagent les deux parties à ne plus commettre un certain nombre de crimes, comme les exécutions sommaires, par exemple, la torture ou encore l’incendie de villages.

Les deux parties s’engagent aussi à cantonner leurs hommes dans un délai raisonnable et à ce que l’Etat ait désormais accès à l’ensemble de son territoire. En clair, plus de barrages ou d’administrations parallèles. Par contre, il n’y figure aucun engagement sur le désarmement, ce texte se limite vraiment à une cessation des hostilités.

Résultat : pour les critiques, c’est un accord a minima, sans aucun engagement de désarmer. Un accord obtenu de haute lutte après trois jours d’intenses consultations avec les ex-Seleka. Mais pour les optimistes, l’essentiel est sauvé ce soir. Brazzaville devait servir à prendre l’engagement de faire taire les armes. C’est fait, c’est une première étape.

Des craintes pour l'application de l'accord

L’application de l’accord est tout l’enjeu désormais et clairement la principale crainte, d’autant plus que l’ex-rébellion des Seleka est extrêmement divisée en interne comme l’ont montré ces réticences des derniers jours. Les ex-Seleka se sont d’ailleurs excusés, ce soir, pour leurs absences répétées lors de ces négociations et ont promis et insisté sur le fait qu’ils représentaient l’ensemble de leur mouvement.

Les anti-balaka, eux, sont une nébuleuse sans chaîne de commandement bien organisée, donc clairement le principal défi, désormais, est de montrer par les actes que cet accord va faire une différence en Centrafrique, sur le terrain, ramener la paix au-delà de la cérémonie en cours ce soir, où tous les Centrafricains se sont donné l’accolade à Brazzaville.