Libye: nouveaux combats sur fond de défaite politique des islamistes

Un jeune homme se tient sur les lieux d'un double attentat suicide qui a tué 4 soldats sur une base militaire à Benghazi, le 22 juillet.
© AFP PHOTO/Abdullah DOMA

En Libye, si une accalmie s'est produite à l'aéroport de Tripoli, en revanche la situation se dégrade à Benghazi où les groupes islamistes ont lancé une série d'attaques contre des objectifs militaires. En toile de fond de ces combats, il y a une lutte politique. Ces derniers événements pourraient en effet être liés à la perte d'influence des islamistes au Parlement.

A Tripoli, au sein de la classe politique, une évidence se fait jour : les combats autour de l'aéroport, objet d'une bataille entre les milices de Zintane et Misrata depuis le 13 juillet, et ceux qui se sont produits à Benghazi sont liés. 

Autrement dit, les brigades islamistes de Misrata qui veulent déloger celle de Zintane de l'aéroport de Tripoli, ont coordonné leur action avec le Conseil de la Choura de Benghazi qui a lancé une série d'attaques contre des objectifs militaires. La mouvance islamiste politique a perdu le contrôle du parlement, et selon certains responsables, elle s'appuierait sur les combattants islamistes pour regagner le pouvoir par les armes.(→ À (RE)LIRE : Malgré les combats, la Libye se dote d'un nouveau Parlement)

Couper toute influence politique aux islamistes

C'est à l'aune de cette analyse qu'il faut comprendre la demande de certains parlementaires au désormais ex-Congrès général national dominé par les islamistes, afin qu'il passe rapidement la main au parlement élu. Les nouveaux députés qui doivent siéger à Benghazi souhaitent couper toute influence politique de leurs adversaires islamistes.

Reste qu'il leur faudra composer d'une manière ou d'une autre avec les partis islamistes, les seuls à pouvoir empêcher que les groupes radicaux ne balaient dans un fracas d'obus les fragiles institutions politiques. Car rien n'indique que les laïcs et leurs alliés militaires, comme le général Haftar, soient en mesure de vaincre militairement l'alliance des groupes islamistes radicaux.

 → À (RE)LIRE : Libye: quels soutiens pour le général Haftar ?