Alger: pendant les négociations, les combats continuent au Mali

Un combattant du MNLA près d'une mitrailleuse, le 27 juillet 2013 à Kidal.
© AFP PHOTO / KENZO TRIBOUILLARD

C’est ce jeudi 24 juillet que se termine à Alger la première partie des négociations entre les groupes armés du nord du Mali et les autorités de Bamako. Les différentes parties semblent être d’accord pour signer une feuille de route commune cet après midi, une cérémonie de clôture étant prévue à 15h (heure de Paris). Mais il reste beaucoup d'obstacles à régler.

Neuf jours de discussions n’ont pas suffi. Le principal point de discorde est aujourd’hui le même qu’au début des négociations. La coordination MNLA-HCUA-MAA refuse toujours de considérer les trois autres groupes armés comme des interlocuteurs dans les négociations. Pour ne pas faire échouer le processus, les médiateurs ont décidé de tenir chaque jour des réunions séparées, d’abord les trois premiers groupes, puis les trois suivants. Mais, à chaque journée son nouveau point de blocage.

En début de semaine, le HCUA et Bamako étaient en désaccord sur l’utilisation du mot  « laïcité » dans le document. Finalement, alors que tout le monde finit par faire des concessions, c’est le titre du document qui coince. « Dialogue » ou « négociations », « processus d’Alger » ou « pourparlers inter-maliens ». Voilà les derniers points sur lesquels il faudra trancher ce jeudi dans la matinée.

Combats dans la région de Tabankort

Parallèlement, les parties tentent de trouver un accord pour cesser les hostilités sur le terrain. Depuis vendredi dernier, des combats ont en effet repris dans la région de Tabankort, située entre Gao et Kidal, combats qui prennent le processus de paix en otage.

Les affrontements opposent d'un côté le MNLA et ses alliés, de l'autre un groupe d'Arabes de la branche dissidente du Mouvement arabe de l'Azawad (MAA). On parle de plusieurs morts de part et d'autre, de nombreux blessés et prisonniers. L'enjeu est un règlement de compte : les Arabes veulent se venger des pillages en règle qu'ils ont subis début 2013 à In-Khalil. Ils accusent des groupes touaregs d'avoir saccagé leurs entrepôts, leurs garages et pillé leur réserve dans cette ville à la frontière de l'Algérie, zone de transit et de trafic : ils estiment le montant du pillage à 20 millions d'euros. A l'époque, le MNLA se défendait en assurant avoir démantelé sur place une arrière-base du Mujao.

Déclaration de cessation des hostilités

Depuis, une branche du MAA a signé un accord avec le MNLA et se retrouve aujourd'hui à ses côtés à Alger. Mais un groupe dissident arabe a refusé le compromis et entend toujours obtenir réparation. Comble de l'affaire : certains partenaires de négociations à Alger s'affrontent sur le terrain : les Touaregs de la CPA se battent ainsi contre les Arabes du Telemsi et leurs alliés, soupçonnés de profiter du soutien de Bamako.

Le chef de la mission de l'ONU (Minusma), Bert Koenders, présent à Alger juge que dans ces combats il y a beaucoup de communautés, beaucoup d'intérêts, et beaucoup de trafiquants de drogue. Il estime qu'un cessez-le-feu rapide est indispensable. Mercredi un début d’accord semblait cependant avoir été trouvé à Alger. Une déclaration de cessation des hostilités doit être signée ce jeudi entre les six groupes armés, les autorités de Bamako et les médiateurs.

Le texte propose le repli des combattants du MNLA, du HCUA et du MAA sur Annefis, l’envoi sur le terrain d’une commission de la Minusma, la libération des prisonniers et des discussions quant aux dédommagements après les violences de In-Khalil et In-Afarak en 2013.