Crash du vol Air Algérie: le Burkina en deuil

L'aéroport de Ouagadougou, d'où est parti l'avion Air Algérie qui s'est écrasé jeudi dansle nord du Mali.
© AFP PHOTO / AHMED OUOBA

Un deuil national de quarante-huit heures a été décrété au Burkina à la mémoire des 118 victimes du vol AH 5017 d’Air Algérie, parmi lesquels 28 Burkinabè. Alors que les hommes du général Gilbert Diendere, le président de la cellule de crise à Ouagadougou, poursuivent leurs investigations, les familles des passagers attendent que la lumière soit faite sur les « circonstances réelles » du crash.

Pendant les quarante-huit heures du deuil national, les drapeaux sont mis en berne au Burkina Faso et les réjouissances populaires interdites. Le décret a été signé par le président Blaise Compaoré. « C’est la première fois que le pays est confronté à une telle crise, nous sommes un peu ébranlé, mais gardons foi » a déclaré le ministre de la Communication face aux parents des victimes, jeudi.

Une cellule de crise mise en place

Jérôme Bougouma, ministre burkinabè de la Sécurité, a porté à la connaissance des familles l’information sur l’épave de l’appareil. « Ce que nous craignons se réalise malheureusement. Une de nos équipes a retrouvé l’épave de l’avion au sol » a-t-il déclaré aux familles, jeudi. Face aux familles réunies dans une salle de l’aérogare, le ministre burkinabé de la Sécurité a rassuré les familles, assurant que le gouvernement mettra « tout en œuvre pour faire la lumière » sur cette affaire et apporter son soutien aux familles.

Des numéros verts ont été mis en place pour aider les familles des victimes. Toutes les personnes concernées sont invitées en rentrer en contact avec la cellule de crise. Sur place ici à Ouagadougou, le gouvernement a décrété deux jours de deuil national pour compter de ce vendredi, à la mémoire des 118 victimes du vol HA 5017 d’Air Algerie.

La colère des proches des victimes

A l’aéroport, jeudi, la peine et souffrance se lisaient sur les visages des familles et amis des passagers. Plusieurs personnes n’ont pas pu retenir leurs larmes avant même que la cellule de crise n’annonce la découverte de l’épave. Pour ces familles des passagers du vol d’Air Algérie, il faut que toute la lumière soit faite sur cette situation. « Qu’on nous dise réellement ce qui s’est passé », exige Rachelle Somé, sans nouvelles de ces deux amies qui étaient à bord de l’appareil. « Malheureusement, nous savons très peu de choses de la part de la compagnie qui nous a abandonnés », dénonce Justin, qui ne comprend pas l’absence de représentants de la compagnie Air Algérie aux cotés des familles, à Ougadougou.

Le gouvernement enjoint d'éviter les « polémiques »

Sur les circonstances de la disparition et du crash de l’avion, le Premier ministre burkinabè demande qu’il n’y ait pas de « polémiques inutiles » et que le Burkina Faso va participer à toutes les missions d’enquête qui seront mises en place. On attend toujours les informations complémentaires des hommes du général Gilbert Diendere sur le sort des passagers. « Le vol d'Air Algérie s'est abimé sur le sol malien », a indiqué le général Diendéré, coordonnateur principal des opérations de recherche à Ouagadougou. « Nous n'avons pas encore de détails, mais nous confirmons que l’équipe de recherche envoyée par le Burkina a retrouvé l'épave de l’avion en territoire malien à une cinquantaine de kilomètres à la frontière Nord du Burkina. »

Quelques heures avant, le même général affirmait qu’un de ces informateurs disait avoir vu un avion tombé, peu avant une forte pluie. Une information recoupée avec les images radars et les derniers contacts avec le vol AH 5017 d’Air Algérie. C’est alors que les autorités burkinabè ont dépêché une équipe, en début d'après-midi, à la recherche de l'avion disparu à la frontière entre le Burkina et le Mali. Et après quelques heures les hommes du général Gilbert Diendere ont confirmé que l’épave retrouvée était bel et bien celle de l’avion affrété par la compagnie Air Algérie.