Libye: Paris demande aux Français de quitter le pays

De la fumée dans la ville de Benghazi où les affrontements font rage entre l'armée et des miliciens islamistes, le 27 juillet 2014.
© REUTERS/Esam Omran Al-Fetori

La France a appelé dimanche ses ressortissants à quitter la Libye. Plusieurs pays occidentaux ont pris la même décision face aux violences. Depuis le 13 juillet, les combats entre milices rivales pour le contrôle de l'aéroport de Tripoli ont fait au moins 97 morts et plus de 400 blessés, tandis qu'à Benghazi, ces dernières 24 heures, au moins 38 personnes, des soldats pour la plupart, ont été tuées dans les combats entre l'armée libyenne et des groupes islamistes.  

Dans la capitale libyenne, des combats faisaient toujours rage dimanche 27 juillet entre
milices rivales autour de l'aéroport et dans plusieurs autres quartiers dans le sud de Tripoli, où se concentrent les affrontements depuis le 13 juillet. Selon un bilan diffusé ce dimanche par le ministère de la Santé libyen, au moins 97 personnes ont été tuées et plus de 400 blessées en deux semaines de combats entre milices rivales dans la capitale. 

Par ailleurs, dans l'est du pays, dans la ville de Benghazi, au moins 38 personnes ont été tuées dans les dernières 24 heures, dans des combats opposant l'armée à des groupes islamistes. 

Les chancelleries occidentales de plus en plus prudentes

Depuis l'évacuation de l'ambassade américaine samedi au petit matin, l'analyse sécuritaire des diplomaties occidentales a radicalement évolué. « La situation est extrêmement imprévisible et incertaine », a déclaré dimanche le ministère allemand des Affaires étrangères. Londres a aussi appelé les ressortissants britanniques à « partir maintenant par des moyens privés », déconseillant tout voyage en Libye. D'autres pays comme les Pays-Bas, la Belgique, la Turquie, l'Espagne, l'Italie ou Malte ont lancé le même appel à leurs ressortissants.

Les autorités françaises ont ainsi suivi les dirigeants britanniques, allemands, belges ou encore espagnols : l'évacuation des ressortissants français si elle n'est pas obligatoire est vivement conseillée. « La situation sécuritaire est très dégradée, confirme Romain Nadal, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères. Et nous pensons que pour protéger nos compatriotes, nous devons leur recommander de quitter ce pays. Nous prenons toutes les mesures nécessaires pour faciliter ce départ ».

A Tripoli comme à Benghazi où les violences sont quasi quotidienne depuis la chute du régime Kadhafi, la perception du risque est beaucoup plus nuancée. Les étrangers basés en Libye sont habitués à partir en Tunisie ou en Egypte quelques jours ou quelques mois en attendant que la situation se stabilise.

« Les clashs sont les soirs et le matin, la vie est normale, témoigne Faraj, un Franco-Libyen qui vit actuellement à Benghazi. Il y en a qui ont quitté Benghazi pour aller vivre en Egypte pour toujours, mais la plupart ont quitté Benghazi pour y revenir quand la situation se sera calmée ».

Le départ des étrangers complique une situation déjà très complexe : 3 000 médecins et infirmiers originaires des Philippines doivent par exemple quitter la libye dans les prochains jours. Les autorités libyennes s'attendent donc à une pénurie de personnel

médical.

Les autorités libyennes n'arrivent pas à contrôler les nombreuses milices qui font la loi dans le pays depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011.

Un réservoir de carburant en feu

Un réservoir contenant six millions de litres de carburant a été touché par une roquette et a pris feu, ce qui fait craindre une « catastrophe » à la compagnie nationale de pétrole (NOC) si le feu se propage aux autres réservoirs. Ses réservoirs d'hydrocarbures et de gaz sont situés sur la route qui mène au terminal. L'un des risques majeurs c'est une explosion, qui pourrait provoquer un souffle important et des dégâts jusqu'à 5km à la ronde.

Le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Romain Nadal
27-07-2014 - Par Guillaume Thibault