Crash du vol Air Algérie: les boîtes noires sont en cours d'analyse à Paris

Capture d'écran d'une vidéo montrant l'une des deux boîtes noires du vol Air Algérie entre les mains un policier malien.
© AFP PHOTO / AFPTV

Transférées depuis Bamako, les boîtes noires du vol Air Algérie AH5017 sont arrivées en France ce lundi à 7h30 (heure de Paris). Leurs données sont désormais en cours d'exploitation par le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA), en étroite collaboration avec le Mali, qui dirige l'enquête. Les données contenues dans ces enregistreurs sont primordiales pour déterminer les causes de l'accident. Mais leur analyse dépend de leur état de conservation, et l'un d'entre eux est endommagé.

L'état des boîtes noires du vol Ouagadougou-Alger inquiète le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA), l'autorité française en charge de leur examen. Selon sa porte-parole, Martine Del Bono, l'une d'entre elles est particulièrement détériorée : « Il y a eu un fort impact et l'une des deux boîtes noires est plus fortement endommagée que l'autre », affirme-t-elle. Ce qui laisse planer l'incertitude sur le temps que mettra son analyse, voire sur la possibilité même d'en extraire des informations.

Mais les boîtes noires sont cruciales pour déterminer les causes d'un accident aérien. Introduits dans l'aviation depuis les années 1960, ces enregistreurs de vol, pesant 7 à 10 kilogrammes, sont placés à l'arrière de l'appareil, dans des boîtiers métalliques orange munis de bandes réfléchissantes, afin d'être plus facilement repérables. L'expression « boîte noire » vient des tout premiers enregistreurs de vol, dont le support était du papier photographique protégé dans une enceinte noire.

Leur armure blindée peut résister à des chocs très violents, à des feux intenses allant jusqu'à 1 100 degrés Celsius durant une heure, ou encore à une immersion en eaux profondes (6000 mètres maximum). Dans ce dernier cas, une balise se déclenche pour émettre des ultrasons durant 30 jours, avec une portée de 2 kilomètres.

A titre d'exemple, les boîtes noires du vol AF447 Rio-Paris - qui s'est abimé dans l'Atlantique le 1er juin 2009 - ont été retrouvées 23 mois plus tard à 3 900 mètres de profondeur. Leurs informations ont pu être intégralement récupérées.

Tout avion commercial possède deux boîtes noires. L'une, nommée « Cockpit Voice Recorder » (CVR), enregistre les conversations et les sons dans la cabine de pilotage. L'autre, appelée « Digital Flight Data Recorder » (DFDR), enregistre chaque seconde tous les paramètres du vol, tels que la vitesse, l'altitude ou encore la trajectoire. Grâce aux boîtes noires, près de 90% des catastrophes aériennes peuvent être expliqués.

L'enquête s'annonce longue et difficile, ont prévenu lundi les autorités françaises

« Toutes les hypothèses seront examinées dans le cadre de l'enquête. Ce que nous savons d'une façon certaine, c'est que la météo était mauvaise cette nuit-là, que l'équipage de l'avion avait demandé à se dérouter, puis à rebrousser chemin, avant que le contact ne soit perdu », a déclaré ce lundi le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, lors d'une conférence de presse.

Le ministre a insisté sur la difficulté pour récupérer les dépouilles des victimes, comme le chef de l'Etat François Hollande s'y était engagé. « Le recueil des dépouilles des victimes est engagé. Il se fait dans des conditions extrêmement difficiles (...). Les restes sont pulvérisés, la chaleur accablante ». 

Près de 200 militaires français sont déployés sur le site de la catastrophe pour le sécuriser, accompagnés par des forces maliennes et de l'ONU. Des experts maliens, espagnols, algériens participeront à l'enquête, ainsi que des américains, nationalité du fabricant de l'avion.

« Un coordinateur sera nommé dans les prochaines heures pour assurer le contact avec les familles des victimes », a également annoncé Laurent Fabius.

Pour la quatrième fois en cinq jours, le président français a réuni lundi matin plusieurs membres du gouvernement - le Premier ministre, Manuel Valls, et les ministres concernés - sur la catastrophe.  

La France a mis ses drapeaux en berne lundi pour trois jours en signe de deuil, une décision rarement prise par les autorités.

Avec AFP

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