Ebola: le Liberia ferme la plupart de ses frontières

Des infirmiers se préparent à soigner des patients touchés par Ebola,
© AFP PHOTO / MEDECINS SANS FRONTIERES

Quelles réponses face au virus Ebola ? La présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf a annoncé, dimanche, la fermeture de la plupart des frontières terrestres de son pays ainsi qu’un dispositif de surveillance renforcé. La fièvre Ebola a déjà tué au moins 670 personnes et des cas suspects ont été détectés, ces derniers jours, dans des zones jusque-là épargnées comme Lagos, au Nigéria et Freetown, en Sierra Leone. La présidente libérienne a donc voulu prendre des mesures fortes. Le virus mortel Ebola pourrait se propager «comme un feu de forêt», ont prévenu ce lundi les autorités de santé américaines.

A de rares exceptions, toutes les frontières du Liberia « seront fermées », a indiqué le gouvernement libérien. Les principaux aéroports et trois grands accès terrestres vont malgré tout rester ouverts mais les tests de dépistage vont y être obligatoires. Les rassemblements publics sont également interdits jusqu'à nouvel ordre.

La présidence libérienne a visiblement voulu prendre des mesures fortes, mais pour l'Organisation mondiale de la santé (OMS), fermer les frontières n'est pas la solution :

« Dans cette partie du monde, les frontières sont poreuses. Souvent les populations les traversent de manière indétectable. Fermer les frontières a donc peu de chances d’endiguer la propagation du virus. Pour L’OMS, la solution la plus efficace pour stopper Ebola se passe à la source. Nous recommandons de poursuivre le suivi de l’ensemble des personnes qui ont été en contact avec des cas suspects, de continuer la sensibilisation, la prise en charge clinique et les tests en laboratoire », a déclaré à RFI, Paul Garwood, porte-parole de l’OMS.

De telles mesures avaient déjà été prises au Sénégal jusqu'en mai dernier, mais elles restent rares. Jointe par RFI, Marie Christine Férir, responsable de Médecins sans frontières (MSF), a accueilli avec scepticisme ce genre de décisions. L'ONG demande plutôt une meilleure coordination entre les acteurs et des efforts renouvelés pour sensibiliser les populations dont une partie continue à nier l'existence d’Ebola et à rejeter l'intervention des humanitaires.

Plus on arrive tôt, plus la chance de survie va être importante. Il faut donc vraiment que les gens arrivent le plus tôt possible dans les centres de traitement parce que s’ils restent dans la famille, ils risquent de contaminer plus de personnes. Nous sommes là pour eux.
Marie Christine Férir
28-07-2014 - Par Adrien De Calan

Les Etats-Unis préviennent: Ebola pourrait se propager «comme un feu de forêt»

« La probabilité de voir cette épidémie se propager au-delà de l'Afrique de l'Ouest est très basse », a estimé Stephan Monroe, des Centres de contrôle et de
prévention des maladies (CDC), tout en soulignant : « Notre inquiétude est que l'épidémie soit +réensemencée+ ailleurs, comme un feu de forêt peut se répandre en partant d'un seul arbre, avec des étincelles ». « C'est clairement ce qui s'est produit au Liberia », a-t-il ajouté en constatant que ce pays n'avait pas constaté de cas d'Ebola durant 21 jours, la durée maximale d'incubation, mais que de nouveaux cas étaient malgré tout apparus.

L'épidémie d'Ebola, en cours depuis le début de l'année, s'est déclarée en Guinée avant d'affecter le Liberia puis la Sierra Leone, trois pays voisins qui, le 23 juillet, totalisaient 1.201 cas dont 672 mortels, selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Deux Américains, dont un médecin, engagés dans la lutte contre l'épidémie au Liberia ont été contaminés. Ils ont été placés en quarantaine.