Brazzaville apprend à vivre sans les Congolais expulsés à Kinshasa

Centre-ville de Brazzaville.
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En RDC, le gouvernement congolais a accusé des Congolais expulsés de Brazzaville d’être responsables des tirs et violences qui ont secoué un camp militaire, le 22 juillet. Au total, près de 140 000 Congolais de Kinshasa sont rentrés de Brazzaville en quelques semaines. Des expulsions qui continuent à faire débat dans la capitale congolaise.

A Poto Poto, quartier commerçant de Brazzaville, il suffit de rentrer dans une boutique pour tomber sur un étranger. Maliens, Sénégalais, les voisins d’Afrique de l’Ouest sont nombreux. Jusqu’à peu, les Congolais de RDC l’étaient aussi. Mais, première conséquence des expulsions massives de Kinois en avril et mai dernier : en trois mois, ils sont plus de 140 000 à avoir regagné leur pays de l’autre côté du fleuve. Mamadou, boutiquier sénégalais, regrette que « depuis qu’on a fait rentrer les Zaïrois, ça nous touche beaucoup quand même. Parce qu'ils venaient acheter beaucoup de choses et maintenant on souffre ».

Junior, étudiant du quartier, lui n’est pas d’accord avec lui : « Avant les expulsions, sincèrement c’était vraiment un peu chaotique la situation, avec beaucoup de vols, de braquages. Maintenant, ça va ». John, Congolais de Kinshasa, vendeur à Brazzaville depuis plus de 15 ans, renchérit : « J’ai tous mes papiers. Passeport et ma carte consulaire. Je suis dans un pays étranger, je dois me conformer aux règles d’ici. Je suis même content de cette opération parce qu’il y avait trop de confusions. Et c’est ce qui a fait que les Congolais de RDC ont perdu leur valeur ici ».

Les autorités de Brazzaville continuent à serrer la vis. Depuis deux semaines, elles ont lancé une nouvelle opération de contrôle. Les chauffeurs de taxi étrangers sont visés et priés de faire un autre métier.