Enquête officielle sur des violences policières présumées en Ouganda

Des soldats ougandais lors d'une opération contre la LRA, l'Armée de résistance du séigneur, en 2012.
© AFP PHOTO/STRINGER

En Ouganda, les autorités vont mener une enquête pour déterminer si les forces de l’ordre ont fait usage de brutalité et de torture lors de la répression des violences qui ont éclaté à l’ouest du pays, début juillet. Des attaques de milices tribales radicales et la répression qui a suivi avaient fait près de 100 morts, dont 75 assaillants, tandis que plus d’une centaine d’hommes avaient été arrêtés.

D’après le porte-parole de la police joint par RFI, l’enquête sera menée par un comité conjoint de son institution et de l’armée. Les deux corps étant en effet visés par des allégations de torture et d’usage excessif de la force, dans la répression des événements du 6 juillet. A l’origine de la polémique, une vidéo, diffusée sur la chaîne de télévision privée ougandaise NTV la semaine dernière. On y voit des individus ligotés, sévèrement passés à tabac par des hommes portant l’uniforme. Les victimes sont présentées comme des suspects arrêtés dans le cadre des attaques meurtrières survenues dans l’ouest du pays.

L’image de la police déjà très négative

Ces images, très choquantes, ont été largement reprises sur les médias sociaux et ont fini par émouvoir les responsables ougandais. Le ministre de l’Intérieur, le général Aronda, a ainsi condamné sans attendre ces violences : « Nous allons nous occuper d’eux, il n’y a pas de place pour des voyous au sein de l’armée et de la police ».

Le porte-parole de la police se veut toutefois plus réservé et explique que la vidéo reste encore à authentifier. En attendant les résultats de l’enquête, l’épisode ternit un peu plus l’image des forces de l’ordre auprès des Ougandais. Pour rappel, la police est en tête de liste des agences de l’Etat dans l’emploi de la torture, selon un dernier rapport de la Commission des droits de l’homme dans le pays.