«Il n'y a plus d'autorité» à Tripoli, où les réservoirs brûlent toujours

Fumée noire au-dessus de Triploli, Libye, le 29 juillet 2014.
© REUTERS/Esam Omran Al-Fetori

A Tripoli, les deux gigantesques réservoirs de pétrole continuent de brûler ce mardi. Les autorités affirment que l'Italie va aider à stopper cette catastrophe et que des Canadair doivent arriver sur zone.

Tripoli est une ville morte ce mardi matin : pas de combats, pas d'activité économique non plus. Il n'y a plus d'essence depuis huit jours, plus d'eau et des coupures d'électricité. Quand au gigantesque dépôt de pétrole situé sur la route de l'aéroport au sud de la capitale, il brûle toujours, comme témoigne Ismaël, qui habite à 10 kilomètres du lieu de stockage : « Ça n’a pas explosé, mais Tripoli s’est réveillée sous un nuage noir. C’est comme un brouillard très dense qui couvre le ciel avec une odeur de kérosène. Hier soir, on a entendu des avions, mais on ne sait pas si ce sont des avions qui ont aidé à éteindre l’incendie. On ne sait plus quoi faire, il n’y a plus d’autorité, c’est la pagaille ».

L’aide italienne attendue

Les autorités sont impuissantes à stopper l'incendie et ne donnent aucune information précise aux habitants. Otman Benssassi, homme politique et ex-membre du CNT, le Conseil national de transition, décrit ces difficultés : « Pour éteindre l’incendie, c’est très dangereux pour les gens qui interviennent, car ils n’ont pas de matériel nécessaire ni les experts pour arriver à éteindre ce feu. Actuellement, ils essayent de refroidir les dépôts qui sont autour pour qu’ils ne chauffent pas ».

Les autorités libyennes indiquent donc, ce mardi midi, que sept Canadair et des équipes doivent arriver d'Italie, mais sans pouvoir donner une échéance. L'Etat italien, s'il s'est dit prêt à aider, exige l'arrêt des combats pour intervenir.

Les combats se poursuivent à Benghazi

A Benghazi, les combats entre les troupes du général dissident Khalifa Haftar font toujours rage. Ce mardi, un avion  militaire d'Haftar s'est écrasé - le pilote s'en est sorti « sain et sauf » assure le général Sagr al-Jerouchi.

Il y a des quartiers qui n'ont pas d'électricité.
Témoignage d'un habitant de Benghazi
29-07-2014 - Par Olivier Rogez

La Chine conseille à ses ressortissants de quitter la Libye

Après les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et les Pays-Bas, c’est à la Chine de conseiller à ses ressortissants de quitter la Libye, en plein conflit armé.

Avec notre correspondante à Pékin, Heike Schmidt

Sur la page d’accueil du site de l’ambassade chinoise à Tripoli un message d’alerte s’adresse aux Chinois de Libye : « Vu l’ampleur des affrontements armés dans la capitale libyenne et à Benghazi (…), nous conseillons aux hommes d’affaires et aux employés chinois des entreprises chinoises et étrangères de quitter la Libye le plutôt possible ».

Depuis mai dernier, 800 ressortissants chinois sont déjà partis, mais il reste encore un millier de Chinois sur le territoire libyen. Selon le quotidien Beijing News, l’ambassade chinoise à Tripoli restera ouverte jusqu’à nouvel ordre. Un numéro vert a été mis en place pour aider les Chinois à rentrer chez eux par leurs propres moyens.

En 2011, lors de la chute de Mouammar Kadhafi, Pékin avait organisé une évacuation d’urgence de grande ampleur : à l’époque, près de 36 000 Chinois avaient été rapatriés par avions et bateaux – la plus grande évacuation outre-mer jamais organisée depuis la création de la République populaire de Chine en 1949. Depuis, de nombreux Chinois étaient retournés en Libye pour travailler notamment dans l’exploitation du pétrole et la construction d’infrastructures.