Frontière tuniso-libyenne: Tunis hausse le ton à l'égard des étrangers

Un policier surveille la frontière de Ras Jedir, le 2 août 2014.
© REUTERS/Zoubeir Souissi

A la frontière tuniso-libyenne, 26 000 personnes ont traversé le poste de Ras Jedir depuis mercredi 30 juillet. Ce poste n'a pourtant rouvert que vendredi, après une fermeture temporaire due à un attroupement de centaines de réfugiés qui tentaient de le forcer. Le flux de migrants a été difficilement contrôlé.

Les forces libyennes ont tiré pour repousser la foule, blessant un policier tunisien. Du côté tunisien, des tirs de sommation et de gaz lacrymogènes ont été constaté. Le gouvernement tunisien exhorte ses ressortissants en Libye - ils seraient entre 50 000 et 80 000 - à rentrer « le plus vite possible » et à utiliser les points de passage officiels.

Il durcit par contre le ton vis-à-vis des étrangers car il craint de devoir accueillir des centaines de milliers de personnes venues de Libye comme ça avait été le cas en 2011. Il souligne que cette fois, la Tunisie ne sera qu'un pays de « transit ». Pas question donc d'ouvrir des camps de réfugiés sur son sol. Une décision justifiée par « la situation économique précaire » du pays.

Concrètement, les non Libyens ne pourront entrer sur le territoire que s'ils prouvent qu'ils le quitteront immédiatement. En réponse, l'ambassadeur du Caire à Tunis a déjà promis la mise en place d'un pont aérien pour rapatrier ses ressortissants. Ils seraient près de 6 000 à être bloqués encore de l'autre côté de la frontière.

Quant aux Libyens, ils sont les bienvenus à condition qu'ils n'exercent aucune activité politique « pouvant nuire aux relations entre les deux pays », prévient le gouvernement. Une des autres craintes est la circulation d'armes et de combattants. Les contrôles et les fouilles vont donc être renforcés. Des unités spéciales ont également été mises en place pour contrer les menaces terroristes.