Des réfugiées accusent des soldats de la Misca de violences sexuelles

Une femme déplacée à Kaga-Bandoro, Centrafrique.
© REUTERS/Siegfried Modola

Dans les camps de déplacés, les femmes sont souvent victimes de violences sexuelles. A Bambari, de nombreux témoignages pointent l'attitude des soldats de la Misca, en charge de la protection d'un des camps de la ville. La nuit, des éléments de la force africaine de maintien de la paix se livreraient à des abus, du harcèlement et de l'exploitation sexuelle sur de jeunes déplacées démunies contraintes de se livrer, pour survivre, à ceux qui sont censés les protéger.

« Beaucoup de filles sont abandonnées à elles-mêmes. Parfois, elles me disent : "notre vie actuelle n'est pas comme avant". Nous sommes obligées de nous livrer pour avoir de quoi manger. Pour avoir de quoi s'habiller. Il y a aussi du harcèlement sexuel. La nuit, les hommes de la Misca entrent dans les huttes pour avoir les filles. Elles sont obligées d'accepter : elles n'ont pas les moyens de subsister. »

Ce témoignage d'une déplacée d'un camp de Bambari désigne des soldats de la Misca, la force africaine de maintien de la paix, comme responsable de violences sexuelles. Ils utiliseraient leur fonction pour exploiter sexuellement des jeunes déplacées, parfois contre à peine 500 francs CFA ou même de simples biscuits.

L'ampleur de ces abus sexuels par des soldats de la Misca dans les camps de déplacés de Bambari inquiète d'autant plus les observateurs que cette dernière doit être renforcée, pour passer en septembre prochain sous mandat de l'ONU.

Malheureusement, dans les sites de déplacés les gens sont toujours désœuvrés. Ils ont besoin de subvenir à leurs besoins de base.
Claire Bourgeois
05-08-2014 - Par RFI

La rescapée interrogée par RFI désigne également des groupes armés, notamment les anti-balaka, comme responsables d'agressions envers les femmes.