Chris Coons: «Elever la voix pour le respect des Constitutions»

Chris Coons, sénateur démocrate de l’Etat du Delaware et président de la commission du Sénat en charge des affaires africaines.
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Deuxième jour du sommet Etats-Unis / Afrique ce mardi à Washington. Une cinquantaine de chefs d’Etat venus du continent ont répondu à l’invitation du président Barack Obama. Un rendez-vous important comme le confie Chris Coons, sénateur démocrate de l’Etat du Delaware et président de la commission du Sénat en charge des affaires africaines, au micro de Nicolas Champeaux.

RFI : Qu’attendez-vous du sommet Etats-Unis / Afrique ?

Chris Coons : J’espère que ce sommet ouvrira les yeux des entrepreneurs américains sur les énormes opportunités d’investissement qui se présentent à eux en Afrique. Le sommet va rassembler à Washington dans un même lieu et en même temps, tous les dirigeants du continent. Ils entendront le président américain, les leaders du Congrès américain, les dirigeants à travers notre administration, confirmer leur enthousiasme et leur engagement à œuvrer pour le Congrès sur le continent africain. J’espère que ce sommet aboutira aura à terme des répercussions concrètes en terme de nouveaux engagements en faveur du maintien de la paix en Afrique, en termes d’investissements dans des économies africaines qui gagnent en ampleur, et en terme d’engagements pour la démocratie et l’ouverture.

La bonne gouvernance est l’un des trois thèmes du sommet des chefs d’Etat. Barack Obama dira-t-il clairement qu’il est opposé aux amendements à la Constitution envisagés dans plusieurs pays d’Afrique pour permettre aux présidents sortants de se présenter pour un mandat supplémentaire ?

Je ne peux pas parler pour le président, mais j’espère que les membres du Congrès vont continuer d’élever leurs voix, comme je l’ai fait moi-même par le passé, en plaidant pour le respect de la démocratie et le respect des Constitutions. J’espère que les membres du Congrès vont continuer de plaider auprès des chefs d’Etat africains pour qu’ils ne modifient pas leur Constitution dans le simple but de prolonger indéfiniment leur règne dans leur pays, et les encourager à respecter leur Constitution. Plusieurs dirigeants africains ont indiqué qu’ils quitteraient le pouvoir quand leur mandat arrivera à échéance. Je pense que c’est un développement positif qui mérite d’être salué.

Que répondez-vous aux critiques qui disent qu’Obama s’est intéressé trop tardivement à l’Afrique ? Il a attendu son deuxième mandat pour prendre l’initiative d’une tournée en Afrique, pour annoncer ce sommet et pour lancer le programme Power Africa.

Je vais répondre en tant que président du sous-comité du Sénat chargé des affaires africaines. Je dirige ce comité depuis quatre années. Il ne faut pas oublier que lorsque Barack Obama est devenu président, il a eu en héritage un pays dans une situation très délicate, avec d’importants défis économiques, des guerres en Afghanistan et en Irak, et d’énormes défis pour satisfaire les attentes de base du peuple américain, en terme d’emploi, de stabilité économique, et de sécurité. Je suis très satisfait du niveau élevé et continu de son attention pour les dossiers africains et les relations entre l’Afrique et les Etats-Unis, et je pense que le sommet avec les dirigeants africains n’est que le dernier d’une série de grands pas franchis par le président pour continuer à nourrir cette relation entre les Etats-Unis et l’Afrique.

Le programme Power Africa annoncé par Barack Obama, il y a douze mois, vise à doubler le nombre de personnes raccordé au réseau électrique en Afrique. Que répondez-vous aux sceptiques, pour qui cette initiative vise avant tout à permettre aux multinationales américaines de conquérir durablement des marchés en Afrique ?

Permettre aux entreprises américaines d’avoir accès à ces marchés, les aider à créer des marchés d’investissements dans les infrastructures énergétiques est quelque chose qui va aider les pays africains. Cela va développer le secteur industriel en Afrique, mais aussi les services de santé, les services éducatifs, qui ont besoin d’électricité. Accroître l’accès à l’électricité va aider l’Afrique et les Africains. Il est tout à fait approprié pour les Etats-Unis d’aider les entreprises américaines à se procurer des opportunités en Afrique. C’est ce que font nos concurrents, et lorsque cela se fait d’une manière équitable et juste, ce qui est notre cas, c’est quelque chose qui peut, je pense, aider à la fois les Etats-Unis et l’Afrique.