RCA: espoirs, expériences et échecs, le bilan d’André Nzapayéké

Le Premier ministre centrafricain, André Nzapayeke, ici en janvier 2014 à Bangui.
© AFP PHOTO / ISSOUF SANOGO

Le Premier ministre centrafricain, André Nzapayéké, doit remettre formellement sa démission à la présidente de transition, Catherine Samba Panza. Nommé après le sommet de Ndjamena, il démissionne à la suite de celui de Brazzaville. Retour sur un peu plus de six mois d’André Nzapayéké à la primature.

André Nzapayéké, qui avait été nommé le 25 janvier dernier, remettra formellement sa démission ce mercredi en fin de matinée. La présidence a annoncé le lui avoir demandé, mardi, en fin d'après-midi

Le sommet de Brazzaville a changé la donne

Début mai, lors d’un discours faisant le point sur ses cent premiers jours comme présidente de transition en République centrafricaine, Catherine Samba-Panza avait promis un réaménagement du gouvernement pour le rendre « plus inclusif et plus représentatif ». Il avait ensuite été décidé que ce remaniement interviendrait après le Forum sur la réconciliation nationale qui s’est tenu à Brazzaville, en juillet. A la suite de ce sommet, il avait été question d'un nouveau gouvernement faisant une plus large place à la classe politique et aux groupes armés.

En théorie André Nzapayéké peut être nommé à la tête de ce nouveau gouvernement, mais personne n'y croit, pas même lui. Pourtant, en mai dernier, lorsque Catherine Samba-Panza avait annoncé un réaménagement gouvernemental, nombre d'observateurs avaient alors parlé d'un « gouvernement Nzapayéké2 ». Et comme il l'expliquait sur RFI le 25 juillet dernier, André Nzapayéké se voyait bien conduire le gouvernement de transition jusqu'aux élections de l'an prochain. « Il n’y a aucune raison pour que ce ne soit pas moi. Personne ne m’a dit que ce ne serait pas moi. J’étais venu pour aider la présidente dans cette activité de la transition. (…) Entre elle et moi, vraiment il n’y a pas l’ombre de quoi que ce soit », disait-il alors. Mais Brazzaville a changé la donne.

Son credo affiché : reconstruire l'armée et désarmer les milices

Durant tout son mandat, André Nzapayéké, comme le reste des autorités de transition, aura essayé de convaincre le Conseil de sécurité de lever l'embargo sur les armes qui empêchent selon lui le pays de se doter de forces de sécurité efficaces. Réarmer les militaires, désarmer les rebelles et les civils. Si le DDR (Désarmement, démobilisation et réintégration), que beaucoup attendent, n'est encore qu'en gestation, André Nzapayeké aura tenté quelques expériences.

Il a ainsi proposé aux 2 600 Seleka cantonnés à Bangui une formation et une relocalisation en échange d'un retour à la vie civile. Une sorte de DDR sans argent. C'est lui aussi qui a eu l'idée de cette opération de « désarmement volontaire » à Bangui en juin, qui n'avait pas été couronné de succès et qui faisait même ricaner dans certains bureaux de la capitale. Pour André Nzapayéké, qui parlait d'une opération de communication, le message avait été entendu.

Quoi qu'il en soit, un peu plus de six mois après son arrivée à la tête du gouvernement, si Bangui a recouvré un calme relatif qui a permis une reprise de l'activité économique dans la capitale, en revanche, la partition de facto du pays est plus que jamais d'actualité, comme le prouvent notamment les combats en cours depuis plusieurs jours à Batangafo entre soldats de la Misca et de Sangaris d’un côté et la Seleka.