Un fonds spécial pour les victimes de la crise post-électorale

Le président ivoirien Alassane Ouattara de retour à Abidjan, le 2 mars 2014.
© REUTERS/Thierry Gouegnon

Le président ivoirien a promis de « donner la priorité aux victimes » de la crise post-électorale ivoirienne. Dans une interview accordée à la télévision nationale, Alassane Ouattara a promis la mise en place d’un fonds spécial « avant la fin de l’année ».

Alassane Ouattara s'est exprimé pendant une heure et demie sur la télévision nationale ivoirienne, mercredi soir. Le président ivoirien répondait aux questions de deux journalistes à la veille de la fête de l'indépendance du pays, célébrée ce jeudi.

Il a justifié l'endettement de son pays, mis en avant les progrès de la croissance et annoncé des mesures pour lutter contre le coût de la vie et pour l'emploi des jeunes. Il a aussi promis le remboursement des dettes de l'Etat avant la fin de l'année, ainsi que la mise en place prochaine de la couverture médicale universelle.

Vers une refonte du Programme national de cohésion sociale

Le président ivoirien a aussi évoqué la fin prochaine du travail de la Commission dialogue-vérité et réconciliation. S'il n'a pas abordé la question de la justice pour les victimes, il a annoncé la création d'un « fonds spécial » d'indemnisation qui leur sera dédié.

« Nous donnons maintenant la priorité aux victimes. Beaucoup ont été entendues par la Commission. Je crois que ce travail était important : de dire ce qui leur est arrivé, qu’est-ce qu’elles souhaitent », a-t-il expliqué. « Il y en a qui ont tout perdu. Et les proches des victimes n’ont plus rien - même pas une habitation - et des enfants qui ont été tués, les veuves sont là, n’ont pas de travail, aucun secours », a insisté le président ivoirien.

Alassane Ouattara a également assuré qu’une partie du fonds était déjà constitué et qu’il sera disponible « avant la fin de l’année ». Il a également plaidé pour la mise en place d’une structure habilitée à recenser les victimes. « Le Programme national de cohésion sociale fait du très bon travail. Cela pourrait continuer avec cette structure, ou une autre structure. Mais l’essentiel, c’est que les victimes sentent la solidarité nationale ».