RCA: le testament politique d'André Nzapayéké, ex-Premier ministre

André Nzapayeke.
© AFP Photo/STR

André Nzapayéké a officiellement quitté ses fonctions de Premier ministre ce mercredi. Le gouvernement reste en place pour expédier les affaires courantes jusqu’à la nomination de son successeur. « J'avais un projet conçu pour 18 mois qui a été interrompu au bout de six », confie-t-il non sans une certaine tristesse.

Quand il est nommé Premier ministre, André Nzapayéké a peu d'experience politique. Le ministère du Développement rural dans les années 1990 pendant quelques mois... Et une experience de syndicaliste etudiant. « J'ai fait des grèves. J'en ai lapidé des voitures, se souvient-il avec humour. Chacun son tour chez le coiffeur : c'est moi qu'on lapide maintenant. C'est pas grave. On va en lapider d'autres. »

Sa démission, André Nzapayéké ne la souhaitait pas. « Mais comme vous savez, explique-t-il, il y a des évolutions politiques, depuis que la transition a été mise en place. Ca n'est pas le premier changement dans cette transition. L'évolution actuelle découlant du forum de Brazzaville fait que son excellence Mme le chef de l'Etat a souhaité avoir la possibilité de recomposer le gouvernement et de réorienter l'action gouvernementale. » C'est donc la présidente par intérim, Catherine Samba-Panza, qui est à l'origine de ce départ.

Sans grand charisme, on le découvre brillant, charmeur, jamais à cours d'un mot d'esprit.
Dans les premiers mois de son mandat, on lui reproche son manque de communication. Il y remédie autant que possible.

A la tête d'un gouvernement sans moyens, il fait feu de tout bois et doit compter sur la Coupe du monde ou le ramadan pour espérer un apaisement des esprits. Il tente de mobiliser la population pour l'inciter à lutter elle même contre les fléaux qui la minent. Sa priorité : le désarmement... volontaire si possible. « Tous ceux qui ont les armes sous les lits, comment on fait, s'était-il ainsi interrogé. Qu'est-ce qu'on en fait ? Le meilleur moyen, c'est l'adhésion de la population. »

Il regrette cependant des incompréhensions entre l'opinion centrafricaine et la communauté internationale. « Ca se passe bien, mais ca pourrait s'améliorer, estime-t-il. Nous bénéficions de l'appui de la communauté internationale donc, dans une certaine mesure, nous sommes dépendants. Nous avons une opinion publique à gérer, qui a un certain point de vue, qui regarde les autorités d'une certaine manière. Cette perception, ces attentes, ne sont pas toujours celles de la communauté internationale. Le gouvernement est entre les deux et cela pose parfois des problèmes. Il est important que l'on s'écoute. »

Un personnage à part

Eloquent, André Nzapayéké n'est jamais avare de paraboles : « Le chemin, ce n'est pas une belle autoroute où on roule en Mercedes. C'est un chemin de terre, avec des trous, des rivières, avec des crocodiles à traverser à pied ! »

Quant à son avenir ? Pourquoi pas président ? « Peut-être président, répond-il... mais d'une association d'agriculteurs dans mon village. » Retour à la terre, donc, pour ce docteur en sociologie, fils d'un pasteur du Mbomou.

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