Iyad Ag Ghali, le leader d'Ansar Dine, à la recherche de soutiens

Iyad Ag Ghali, émir d’Ansar Dine.
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Au nord du Mali, après près d'un an et demi d'absence, Iyad ag Ghali a refait surface. Jeudi, nous vous décrivions la première vidéo de l'émir d'Ansar Dine depuis le début de l'opération serval en janvier 2013, dans laquelle il attaque l'Etat français qu'il accuse de recoloniser le Mali. Second volet aujourd'hui de ce décryptage : Iyad Ag Ghali cherche visiblement à obtenir le soutien de la communauté musulmane en dénonçant tous ceux qui aident les autorités françaises.

S'il dit s'adresser aux habitants de l'Azawad, Iyad Ag Ghali s'exprime néanmoins dans un excellent arabe littéraire, très peu compris dans la région. Dans ses longues tirades, l'émir d'Ansar Dine utilise à maintes reprises le terme de « croisés » pour définir ceux qu'ils veut combattre : en première ligne l'Etat français, « l'ennemi historique de l'islam » affirme-t-il.

En utilisant un argument souvent entendu dans les rebellions touarègues, Ag Ghali fustige également l'armée malienne qui se venge, dit-il, « en commettant des massacres, en torturant, en jetant les corps dans les puits ». La Minusma, composée d'après le chef jihadiste « de mercenaires africains sous l’appellation mensongère de maintien de la paix », est également critiquée.

En diffusant ensuite des images où l'on voit François Hollande en train de remercier les dirigeants de la Mauritanie, de l'Algérie et du Maroc pour leur aide lors de l'opération Serval, il dénonce aussi le rôle de ces Etats « contre les intérêts de la Oumma », la communauté musulmane.

Dans cette première vidéo, Iyad Ag Ghali cherche donc à rassembler autour de lui et n'hésite pas à dénoncer tout ceux qui « soutiennent les croisés » : « l'opération française, conclut-il, permet de faire la distinction entre le bien et le mal, entre ceux en qui nous avons confiance et ceux qui sont des menteurs. »