Republier
RDC

Katanga: la Monusco s’inquiète de «l’extermination» des Pygmées

Des personnes déplacées par les violences au Katanga, en RDC.
© DR / Refugees International

Un rapport de la Monusco sur les violences intercommunautaires au Katanga, en RDC, pointe un regain inédit des exactions visant essentiellement les Pygmées. Les auteurs de ce rapport confidentiel évoquent des faits qui s’apparentent au « crime de génocide ».

Des violences opposent depuis plusieurs mois des groupes armés d’ethnie surtout Luba aux populations pygmées, dans la province du Katanga, dans le sud-est de la République démocratique du Congo. Des sources humanitaires font état de déplacements de populations, dans le district de Tanganyka. Plus de 1200 pygmées qui ont fui l'attaque de leurs villages sont actuellement réfugiés dans des écoles du centre-ville de Kabalo.

Des violences « systématiques »

Une équipe de la Monusco a réalisé du 10 au 16 juillet dernier une mission dans ce territoire. Mission qui a donné lieu à un rapport confidentiel de 16 pages daté du 24 juillet, et que s'est procuré RFI. Il documente les exactions, commises en majorité sur les populations pygmées. « Massacres, meurtres, actes de cannibalisme, viols massifs, incendies de maisons » : les exactions rapportées dans ce document de 16 pages ne sont pas nouvelles, selon les auteurs, mais elles ont pris une ampleur inédite ces quatre derniers mois, pour devenir « systématiques », « frisant le crime de génocide ».

Elles sont attribuées à des groupes armés d'ethnie en majorité luba, agissant par centaines, et dont certains éléments auraient déclaré avoir une mission : « l'extermination » des Pygmées à l'aide, notamment, de flèches, de machettes et de fusils de chasse. Le rapport évoque également l'existence de groupes d'autodéfense pygmées, sans documenter de possibles exactions.

Un appel à renforcer les Casques bleus sur le terrain

Mais, selon des sources humanitaires contactées par RFI, « nous sommes face à un cycle de violences et de représailles qui fait des victimes des deux côtés », avec une majorité de victimes pygmées. Le document onusien note par ailleurs un « laisser-faire » des autorités locales qui agirait comme un catalyseur et déplore l'absence de forces armées ou de police en nombre suffisant dans les territoires sous tension. Une situation sécuritaire jugée « imprévisible » et « de nature à déstabiliser » tout le district du Tanganyika, déjà meurtri par la présence des milices Bakata Katanga.

L'ONG américaine Refugees International a appelé jeudi le Conseil de sécurité de l'ONU à renforcer la présence des Casques bleus dans le nord du Katanga pour faire face à cette recrudescence de tensions intercommunautaires. « Dans sa forme actuelle, c'est-à-dire moins de 200 soldats et très peu de civils, la Mission de l'ONU en RDC ne peut pas efficacement protéger les civils au Katanga », juge Michel Gabaudan, président de Refugees International, dans une lettre adressée au Conseil de sécurité.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.