Affrontements entre orpailleurs: Deby tente d’apaiser les tensions

Le président tchadien, Idriss Déby Itno, le 13 mai 2013 lors d'un discours devant les soldats de retour du Mali.
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Deux jours après les affrontements intercommunautaires qui ont opposé des orpailleurs de retour du Niger dans le nord du Tchad, le président Idriss Déby Itno est arrivé mercredi à Faya-Largeau. La région, voisine de la Libye et située en plein Sahara, est assez sensible, au point que le président tchadien a annulé son voyage en France, où il devait assister aux commémorations du débarquement en Provence.

Idriss Déby Itno est arrivé mercredi matin à Faya-Largeau où plus de 500 orpailleurs appréhendés à la frontière avec le Niger lui ont été présentés. Le groupe est composé d’anciens militaires et d’aventuriers tchadiens et soudanais. Ils sont équipés de véhicules tout-terrain, d’armes automatiques, de téléphones satellitaires et de détecteurs de métaux pour rechercher de l’or.

Tout le matériel a été saisi par la gendarmerie tchadienne qui a aussi procédé à l’audition des orpailleurs. Les Tchadiens ont été placés en détention et conduits en début d’après-midi à la prison de Koro Toro, en plein désert au sud de la ville de Faya-Largeau. Les Soudanais, eux, seront reconduits chez eux, où ils devront répondre de leurs actes.

Les chercheurs d’or – qui pratiquent l’orpaillage en toute illégalité - se sont affrontés à l’arme automatique il y a quelques jours, provoquant de fortes tensions qui ont failli dégénérer en affrontement intercommunautaire. C’est pour désamorcer ces tensions que le chef de l’Etat tchadien a passé le reste de la journée de mercredi à recevoir différentes notabilités de la région. Selon les informations de RFI, Idriss Deby a insisté sur la nécessité de préserver la paix et la cohabitation pacifique dans cette partie du Sahara, relativement épargnée des narcotrafiquants et autres jihadistes.

Sur le plateau du Djado, l'or affleure sur 200 km2

Ces orpailleurs revenaient du plateau du Djado au Niger, où des habitants ont découvert, en avril, une importante zone aurifère qui s'étend sur une bande de 200 kilomètres. Nigériens, Libyens, Tchadiens, mais aussi Soudanais et Nigérians ont déferlé par milliers dans cette zone désertique à la recherche d'or. Or, les autorités nigériennes l'affirment : l'exploitation sans autorisation est illégale. L'Etat, propriétaire du terrain, tente de reprendre le contrôle de l'exploitation.

Les autorités tentent de reprendre le contrôle

Depuis le 15 juillet, le site est officiellement fermé. Des cadres de l'administration locale et nationale, accompagnés d'élus locaux, sillonnent les quatre communes rurales du plateau du Djado. Leur objectif est de tenter de reprendre, par le dialogue, le contrôle de la zone.
Les orpailleurs seraient actuellement entre 27 000 et 30 000 selon Abba Silly Lawal, le maire de la commune de Djado. Il précise cependant que leur nombre a diminué depuis le début de la mission gouvernementale.

Le métal précieux s'étale sur les 200 kilomètres du plateau. Les chercheurs d'or, armés de pioches et équipés de détecteurs de métaux n'ont pas besoin de creuser en profondeur pour le trouver. Le ministère nigérien des Mines, joint par RFI, devrait rouvrir le site le 1er septembre. A cette date, tous les chercheurs d'or pourront exploiter librement les ressources à une condition : acheter tous les ans une carte d'orpaillage pour 2000 FCFA. Ils pourront également exploiter une parcelle pour 20 000 FCFA par an. Pour l'heure, les autorités n'envisagent aucune exploitation nationale.