Ebola: le cordon sanitaire, une réponse ancienne contre les épidémies

Des soldats libériens inspectent des personnes se déplaçant dans la région de Bomi, le 11 août 2014.
© REUTERS/Stringer

Pour faire face à la propagation du virus Ebola en Afrique de l'Ouest, les présidents de la Guinée, de la Sierra Leone et du Liberia ont décidé le 1er août dernier d'imposer un cordon sanitaire autour de l'épicentre de l'épidémie, aux confins des trois pays. Une technique déjà utilisée, et qui pose parfois débat.

La technique du cordon sanitaire n'est pas récente, même s'il est difficile de dire exactement à quand elle remonte dans l'Histoire. On sait cependant qu'en 1720, quand éclate en France la dernière grande épidémie de peste, cela fait soixante ans déjà que Marseille se protège grâce à des mesures drastiques.

Malheureusement, pour une fois, la quarantaine habituelle imposée aux passagers, marchandises et équipages des bateaux qui accostent n'arrive pas à empêcher la mort de quelque 120 000 personnes dans toute la Provence. La première leçon à tirer de cet exemple historique est qu'un cordon sanitaire n'est pas forcément étanche.

Forces armées à la rescousse

Il nécessite par ailleurs une organisation quasi-militaire pour limiter la zone de contamination, isoler et soigner les personnes infectées, et pour approvisionner ceux qui se retrouvent coupés du monde. C'est la raison pour laquelle ce sont souvent les forces armées qui sont appelées à la rescousse afin de faire régner l'ordre, et d'éviter tout débordement.

Séparer les uns des autres implique de toute façon beaucoup de souffrances sur le plan affectif et pose aussi de réelles questions sur le plan éthique, puisqu'il s'agit au fond d'accepter d'en perdre certains pour mieux en sauver d'autres.