RDC: vives réactions après l'arrestation du directeur de «Congo News»

Un «sit-in» des journalistes de «Congo News» est prévu ce vendredi devant le Parquet général de la République, à Kinshasa.
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En RDC, soixante et un journaux ont été interdits de publication pour ne pas avoir d'autorisation de diffusion. Décision prise par un arrêté du ministère de la Communication ayant pour objectif d'« assainir » l'espace d'information dans le pays. Parmi les journaux concernés, Congo News dont le directeur de publication et éditeur, Mike Mukebayi, a été arrêté tôt ce jeudi matin 21 août chez lui et transféré au parquet de la Gombé pour être entendu. En cause selon son avocat, un article mettant en cause il y a quelques semaines les liens entre le cardinal de Kinshasa, monseigneur Laurent Monsengwo, et le pouvoir.

C’est au téléphone et de sa propre initiative que le sénateur François Kaniki a revendiqué, hier soir, la plainte contre le journaliste Mike Mukebayi. François Kaniki, ancien avocat général de la République, a déclaré avoir saisi la justice pour « dénonciation calomnieuse et injure publique ». Il a affirmé aussi avoir écrit à l'Observatoire des médias congolais (Omec).

Le sénateur Kaniki se trouve être le jeune frère du cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, l’archevêque de Kinshasa, qui avait fait l’objet d’un article très critique dans Congo News. Après la parution de celui-ci, le journaliste Mike Mukebayi avait déclaré avoir reçu des menaces sur son téléphone portable. Et hier jeudi, vers 6 heures le matin, il a été arrêté chez lui.

Sit-in ce vendredi

Après deux auditions au parquet général de la Gombé, le journaliste a été retenu jusqu’à la comparution prochaine du directeur de publication de Congo News, John Tshingombe contre qui un mandat d’amener avait déjà été lancé.

Les avocats de Mike Mukebayi jugent cette détention inexplicable et contraire à la loi et les journalistes projettent un sit-in ce vendredi matin devant le parquet général de la République.

Un avis que partage la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH). « Il y a d’abord vice de procédure, conteste son secrétaire général pour l’Afrique, Paul Nsapu. En lieu et place du mandat d’amener qui a été lancé contre le journaliste Mike Mukebayi, il fallait commencer par des convocations normalement. »

« Harcèlement »

 « On lui reproche des "imputations dommageables" à la suite d’un article qui avait été rédigé dans lequel le cardinal Monsengwo était cité, poursuit Paul Nsapu. Mais dans le dossier, on ne voit pas de plainte du cardinal Monsengwo. Alors pour moi, je considère en tant que défenseur des droits de l’homme qu’il s’agit ni moins, ni plus, d’un harcèlement politico-judiciaire exercé sur un journaliste qui dérange parfois avec ses articles, avec ses réalisations. »