Arrestations de deux ex-officiers rwandais: l'armée s'explique

Frank Rusagara a été arrêté par la police militaire dimanche soir 17 août 2014.
© AFP PHOTO/ Tony KARUMBA

Cette semaine, coup sur coup, l'armée rwandaise a annoncé l'arrestation de deux de ses anciens officiers, le général Frank Rusagara et le capitaine David Kabuye, tous deux à la retraite. Ils seraient soupçonnés de crimes mettant en cause la sécurité de l'Etat, a indiqué le général Joseph Nzabamwita, porte-parole de l'armée, à des journaux locaux, insistant sur le fait que les deux hommes étaient innocents jusqu'à ce que leur culpabilité soit prouvée.

Plus que sur le motif des arrestations de Frank Rusagara et David Kabuye - des enquêtes seraient toujours en cours - le porte-parole de l'armée rwandaise a insisté auprès de la presse locale sur le fait que la procédure a été respectée, que les familles ont été dûment notifiées.

« Aucun membre de famille ne s'est plaint des arrestations », leur a assuré le général Joseph Nzabamwita ajoutant qu'« ils n'ont aucun problème avec les préoccupations de nos institutions ». Toujours dans l'entretien publié par la presse locale, le porte-parole de l'armée a conclu sur ce point : « ils sont nos frères et nos soeurs. »

« C'est assez cynique, commente un militant rwandais des droits de l'homme en exil, on ne peut pas se plaindre au Rwanda, surtout pas quand un proche est arrêté, on risque de lui causer davantage d'ennuis, voire même de suivre le même chemin. » Jusqu'à présent, effectivement, seul David Himbara qui avait refusé dans un premier temps de s'exprimer, a posté un commentaire indigné sur le réseau social Facebook : « Pourquoi Frank Rusagara est-il en prison ? Parce que la révolution mange ses enfants », écrit cet ancien conseiller du président Kagame, aujourd'hui en exil, prédisant que d'ici à la présidentielle de 2017, d'autres arrestations du même type auront lieu.

« Nous avons des préoccupations de sécurité nationale comme n'importe quel autre pays », explique une source officielle rwandaise ajoutant que « ce n'était pas à la communauté internationale - qui a fermé les yeux en 94 - ou à David Himbara d'expliquer au gouvernement ce qu'il doit faire pour assurer la sécurité de ses concitoyens. »