Centrafrique: violents combats entre factions de la Seleka à Bambari

Vue de locaux de la Seleka, à l'entrée de Bambari, le 19 avril 2014
© AFP PHOTO / MIGUEL MEDINA

De violents affrontements opposent depuis ce lundi 25 août dans l’après-midi, deux factions de la Seleka dans la ville de Bambari (centre du pays). Une altercation entre des membres des deux groupes, pour le contrôle des barrières aux sorties de la ville serait à l’origine de ces combats meurtriers. Après une accalmie de quelques heures, les tirs ont repris.

Ceux qui se sont affrontés sont des partisans du général Ali Darass, qui était jusqu'à l'arrivée de l'état-major de la Seleka le maître de Bambari. En face, d'autres membres de la Seleka : les partisans du général Joseph Zoundéko, le chef d'état-major venu s'installer sur place après le congrès de Ndélé au mois de mai dernier.

C'est apparemment une altercation entre des membres des deux groupes, pour le contrôle des barrières aux sorties de la ville qui a servi de déclencheur. Evidemment les deux groupes se rejettent la responsabilité du dérapage. Des tirs à l'arme légère et à l'arme lourde ont en tout cas été entendus par les habitants dès hier après-midi. Ils ont repris ce matin, en dépit d'une médiation tentée par la communauté musulmane de Bambari et l'ONG Pareto. Un officier de la Seleka a indiqué être arrivé de Bria ce matin avec quelques dizaines de combattants pour aider à la défense de l'état-major.

Dans un tel contexte, difficile de faire un bilan des combats. L'hôpital de la ville dit avoir reçu au total 25 blessés. L'un d'eux a succombé. Mais il y a aussi d'autres morts qui ont immédiatement été enterrés, notamment dans les quartiers.

Un humanitaire, présent à Bambari, se dit inquiet des tensions qu'il a observées dans le quartier musulman entre populations Peules et Goulas, les deux communautés dont sont issues le général Ali Darass et le général Zoundéko.

A Bangui aussi, ces affrontements internes à la Séléka sur fond de contrôle des ressources créent de l'inquiétude.

« J'y vois vraiment le signe d'alerte d'une forme de somalisation du mouvement », explique un bon connaisseur de la Séléka avant d'ajouter qu'il Il est « urgent d'appliquer,  des mesures de cantonnement et de donner de la nourriture aux troupes pour calmer la base», dit cette source.