Le Cameroun déclare repousser une attaque de Boko Haram

Un convoi de soldats camerounais à Dabanga, dans le nord du Cameroun, en juin 2014.
© AFP PHOTO / REINNIER KAZE

L'armée camerounaise dit tenir ses positions à la frontière avec le Nigeria contrairement à des informations faisant état de la prise de deux villages par des assaillants de Boko Haram. La secte islamiste a multiplié ces dernières 48h des incursions en territoire camerounais, dans la région de Fotokol, près du Nigeria voisin. Lors de ces accrochages, Boko Haram aurait enregistré des pertes importantes affirme le colonel Didier Badjeck, chef division de la communication au ministère camerounais de la Défense.

La ville d’Ashigashiya, à cheval entre le Cameroun et le Nigeria près de Maroua, a partiellement été occupée mardi par les assaillants de Boko Haram. La secte islamiste a exercé toute au long de la journée une pression continue sur des positions de l’armée camerounaise, tout autour de la ville de Kolofata, contraignant les forces camerounaises à un repli de quelques heures et une réorganisation.

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27-08-2014 - Par RFI

Une contre-offensive a finalement repoussé les assaillants et le colonel Didier Badjeck dément fermement une occupation de Boko Haram : « Nous avons écouté avec beaucoup d’étonnement que certains médias ont rapporté que deux villages camerounais sont actuellement occupés par les combattants de la secte de Boko Haram, que Kolofata serait à feu et à sang. Nous infirmons et nous démentons avec la plus grande énergie. Les forces de défense camerounaise viennent d’être réorganisées par un acte du chef de l’Etat, et tout au contraire elles viennent d’infliger de lourdes pertes aux intégristes qui ont tenté d’effectuer des incursions à hauteur de Fotokol ». Le ministère de la Défense a indiqué que Boko Haram avait perdu dans ces accrochages vingt-sept de ses hommes ainsi qu’un important arsenal de guerre.

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Le colonel a fait savoir au sujet des soldats nigérians que le chef de l’Etat, Paul Biya, avait donné des instructions pour que ces derniers soient traités avec humanité et qu’ils bénéficient d’une assistance en vivres, en carburant et en soins médicaux, avant leur transfert dans un autre poste frontière avec le Nigeria : « Sur haute instruction du chef de l’Etat et chef des armées, il nous a été instruit de leur apporter tout l’encadrement logistique et de les escorter afin qu’ils rejoignent leur pays par un corridor sécurisé passant par un autre point de frontière. Et à l’heure qu’il est la plupart de ces frères d’armes ont rejoint leur pays et les autres y seront dans les prochaines heures ».

Depuis lundi dernier, le Cameroun a déjà eu à traiter près d’un millier de soldats nigérians, plus de cinq cent d’entre eux ont déjà été reconduits dans leur pays.