Boko Haram multiplie les attaques dans le nord-est du Nigeria

Un pilote de l'armée camerounaise chargé de surveiller la frontière nord du Cameroun, près de laquelle opèrent les islamistes de Boko Haram, le 18 juin 2014, à Garoua.
© AFP PHOTO / REINNIER KAZE

Depuis quelques jours, les islamistes nigérians de Boko Haram multiplient les attaques dans le nord-est du Nigeria, frontalier du Cameroun. Ils se sont emparés de plusieurs localités, entraînant la fuite de milliers d'habitants. L’armée camerounaise est en alerte.

Jeudi 28 août au soir, l'armée camerounaise tenait toujours ses positions à la frontière entre le Cameroun et le Nigeria. L'emprise du groupe islamiste est néanmoins de plus en plus forte à la frontière entre ces deux pays. Plusieurs sources signalent des mouvements de combattants de Boko Haram plus au sud, non loin de Maroua, la capitale régionale de l'Extrême-Nord. Des renforts de l'armée camerounaise étaient en route mercredi soir pour les localités de Mokolo et Tourou.

Un calme précaire règne plus au nord, à Fotokol, vers le lac Tchad. Les populations vivent dans la panique depuis que les islamistes ont pris, lundi, le contrôle de Gamboru, la ville nigériane voisine. Vue de Fotokol, Gamboru, qui reste toujours sous le contrôle des éléments de Boko Haram, semble morte. Selon des habitants de Gamboru joints par RFI, « Boko Haram massacre les vieillards, les enfants, les femmes, tous ceux qui ne peuvent pas fuir ».

Jeudi, une rumeur rapportait que des chars de l'armée camerounaise avaient fait une incursion au Niger afin d’y bombarder les islamistes. Elle a été démentie par le porte-parole camerounais de la Défense. Contacté par RFI, ce dernier souligne qu’une telle opération est impossible « au vu des conditions difficiles du terrain, liées à la saison des pluies », et ajoute qu’il est de toute façon « hors de question de violer l'intégrité territoriale du Nigeria ».