RCA: les ministres Seleka exclus du mouvement pour «haute trahison»

Difficile désormais pour le Premier ministre Mahamat Kamoun de présenter son équipe comme un gouvernement inclusif.
© AFP/Pacome Pabandji

En Centrafrique, la Seleka a exclu pour « haute trahison » les trois ministres censés la représenter au sein du gouvernement. Le numéro deux de l’ex-rébellion, Nouredine Adam, estime dans un communiqué que les trois ministres estampillés Seleka n'ont pas été choisis par le mouvement. Après leur avoir demandé de démissionner, Nouredine Adam annonce, par conséquent, leur exclusion.

On savait l'ex-Seleka fâchée avec le nouveau gouvernement, fâchée de ne pas avoir pu présenter sa liste de candidats aux postes ministériels et fâchée enfin que la présidente de transition Catherine Samba-Panza et son Premier ministre Mahamat Kamoun aient dessiné eux-mêmes l'architecture de l'équipe gouvernementale. On se doutait que l'ex-Seleka n'en resterait pas là. Et c'est le numéro deux du mouvement qui a annoncé la sanction. « Tous les membres de l’ex-coalition Seleka ayant participé au présent gouvernement sont exclus définitivement » du mouvement, a déclaré Nouredine Adam.

Les trois ministres estampillés Seleka sont exclus pour « haute trahison ». Parmi ces derniers, seul Mahamat Taib Yacoub appartenait bel et bien à la Seleka ; les deux autres ministres faisaient davantage figure de compagnons de route.

A Bangui, les ministres concernés qui avaient rejeté les injonctions de la Seleka les appelant à démissionner devraient rester dans l'équipe gouvernementale. S'il sera difficile désormais au Premier ministre de présenter son gouvernement comme un gouvernement inclusif, la mise au point de la Seleka ne marque pas une rupture du dialogue, comme l'a d'ailleurs souligné Nouredine Adam dans son communiqué.

Reste désormais à savoir quels sont les objectifs prioritaires du mouvement. L'état-major insiste d'ailleurs davantage sur les questions de démobilisation et de réinsertion et semble se désolidariser peu à peu de l'actuelle direction politique, l'état-major souhaitant voir réduite l'influence de Nouredine Adam au sein du bureau politique, affirme un cadre du mouvement.

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