Ebola en RDC: le bilan s'alourdit mais l'épidémie reste «circonscrite»

Un expert travaille dans un laboratoire mobile consacré au diagnostique du virus Ebola à Mweka, en RDC, lors d'une précédente épidémie en 2007.
© AFP PHOTO/WHO/CHRISTOPHER BLACK/HO

Un peu plus de trois semaines après l’apparition d’une nouvelle épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, le bilan s’alourdit : 31 personnes sont mortes de la fièvre hémorragique, a annoncé le ministère de la Santé congolais, qui dévoilait son dernier bilan ce mardi. Signe que, pour l’heure, l’épidémie même si elle est circonscrite à la zone de santé de Boende, à environ 800 km au nord-est de Kinshasa, n’est pas encore contenue.

Cinq nouvelles infections et 31 morts. L’épidémie continue de progresser. Les derniers décès sont récents. Selon plusieurs sources médicales, ils sont intervenus ces derniers jours. Les personnes qui avaient été infectées n’ont pas pu être sauvées, faute de prise en charge à temps, car cette fièvre hémorragique tue rapidement.

Par ailleurs, les villages où se sont déclarés les premiers cas sont assez isolés, avec des structures de santé extrêmement basiques. La maladie a ainsi eu le temps de progresser le temps d’organiser une prise en charge. À l’heure actuelle, 58 personnes sont suspectées d’être infectées par la maladie, et 185 personnes qui ont été en contact avec ces patients sont sous surveillance. Le bilan pourrait donc encore évoluer.

La bonne nouvelle, selon le ministère de la Santé qui se veut rassurant, c’est que l’épidémie semble toujours circonscrite à la zone de santé de Boende, à plus de 800 km de la capitale Kinshasa, pour le moment. Il n’y a pas eu de nouveaux cas déclarés en dehors de cette zone d’un peu plus de 100 km².

Mais la prise en charge est compliquée : les trois localités où il y a des personnes contaminées ou des cas suspects sont éloignées les unes des autres de plus de cinquante kilomètres, avec très peu de personnel médical bien formé, d’où l’urgence de mettre en place de vraies mesures de protection. Selon des sources jointes sur place, la quarantaine annoncée par le gouvernement met du temps à se mettre en place et dans certaines localités, des personnes contaminées placées dans une pièce d’hôpital continuent de recevoir des visites, ce qui est extrêmement dangereux.

Le ministre de la Santé, Felix Kabange Numbi, est sur zone. Il se trouve ce mardi à Mbandaka, le chef-lieu de la province de l’Equateur. Mercredi, il doit se rendre dans la zone de Boende, touchée par l’épidémie, pour vérifier que des mesures de protection sont prises.