Nigeria: la crainte d'une offensive sur Maiduguri, capitale du Borno

Des civils se sont réfugiés dans l'Etat de Gombe pour se protéger des attaques de Boko Haram, le 2 septembre 2014.
© REUTERS/Samuel Ini

Washington se dit très inquiet de l'avancée du groupe Boko Haram dans le nord-est du Nigeria. Les autorités du pays persistent, affirmant qu'elles ont toujours le contrôle de la ville de Bama, la deuxième ville de l'Etat de Borno, à moins de 70 kilomètres de Maiduguri. Mais selon plusieurs sources crédibles, l'armée nigériane a quitté les lieux.

Le porte-parole du ministère de la Défense du Nigeria soutient sur son compte Twitter que la région du nord est sous contrôle. Chris Olukolade assure que l'armée n’a pas déserté la ville de Bama. Pourtant, de nombreux témoins et des responsables politiques locaux démentent catégoriquement.

De plus, le nombre de déplacés recensés par les Nations unies ne cesse d'augmenter. « Nous ne sommes plus au stade du déni et de la fierté », a déclaré pour sa part la vice-secrétaire d'Etat chargée des Affaires africaines. La diplomate américaine a fait part de la grande inquiétude de Washington, suite à « la chute présumée de Bama, et face aux risques d'attaques contre Maiduguri », où la population, redoute Linda Thomas Greenfield, « paierait un lourd tribut ».

A l'issue d'une réunion bilatérale à Abuja, Thomas Greenfield a affirmé que l’administration Obama dévoilerait sous peu un programme de sécurité aux frontières dans la région. La porosité des frontières avec le Cameroun, le Niger et le Tchad facilite, en effet, les mouvements de l'insurrection islamiste. Thomas Greenfield devrait aussi évoquer ce dossier au Cameroun, samedi 6 septembre à Yaoundé.

Couvre-feu

La crainte de voir les rebelles se diriger vers Maiduguri, la capitale de l'Etat de Borno, a conduit les autorités à étendre le couvre-feu dans cette ville. L'armée et les groupes civils d'autodéfense sont sur le qui-vive.

« Le centre-ville de Maiduguri est calme et il y a une forte présence de la police », a confié un habitant de la ville, joint par RFI. « Maiduguri ne sera pas si facile à prendre », affirme un des jeunes qui manifestaient jeudi dans les rues de la capitale de l'Etat de Borno. Une centaine de jeunes dénonçaient le manque de moyens donnés à la police et à l'armée pour contrer les attaques des islamistes de Boko Haram.

Pour les habitants, hors de question de fuir. « Et pour aller où ? », s’interroge un père de famille, qui rappelle que les réfugiés nigérians qui affluent au Cameroun voisin vivent dans des conditions extrêmement difficiles. La population reste donc chez elle. « Ils n'ont que la prière, à défaut des armes », confie un enseignant vivant à Maiduguri.

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