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Somalie

Somalie: les shebabs ont un nouveau chef et jurent de se venger

Des soldats somaliens patrouillent devant le palais présidentiel (villa Somalia) au lendemain d’une nouvelle attaque des shebabs. Mogadiscio, Somalie, le 9 juillet 2014.
© REUTERS/Feisal Omar

Les islamistes shebabs somaliens ont confirmé ce samedi 6 septembre au soir la mort de leur chef Ahmed Abdi Godane. Ils annoncent également avoir nommé un nouveau chef, Oumar Abou Oubaïda.

Il s'agit, selon un communiqué mis en ligne par SITE - le site américain de surveillance des sites islamistes -, de Cheikh Ahmed Oumar, également connu sous le nom de Abou Oubaïda.

Qui est-il ? Selon Roland Marchal, chargé de recherche au CNRS, Abou Oubaïda, « c'est quelqu'un qui a été gouverneur de Bay et Bakool pour l'organisation jihadiste, c'est quelqu'un qui a aussi été pendant assez longtemps chef des renseignements de cette organisation. Il était l'un des candidats les plus probables ».

Mais, insiste-t-il, « il faut être très prudent sur la durée de son mandat parce qu'il n'est pas réellement nommé par les chefs suprêmes. Il y a une nuance dans le titre qui fait qu'il pourrait être changé dans le mois qui vient ».

Promesse de vengeance

Il succède donc à Ahmed Abdi Godane, dont les shebabs confirment la mort dans une frappe américaine avec deux de ses camarades. Les islamistes somaliens renouvellent dans ce même communiqué leur allégeance à al-Qaïda. Et surtout ils promettent de se venger.

Pour Roland Marchal, la mort de Godane ne signifie pas la fin des shebabs. « On ne peut pas dire qu’al-Shebab est plus fort que jamais, le mouvement vient de perdre son chef. Mais d’un autre côté, il est totalement illusoire de penser qu’al-Shebab est une organisation qui va s’effondrer demain matin, avertit le spécialiste. Ce qu’on voit aussi, c’est que chaque fois que des cadres importants du mouvement ont été tués, on a eu une réaction, c’est-à-dire une attaque terroriste significative. La question c’est de savoir ce qu’ils vont essayer de faire, où ils vont essayer de frapper. Cela donnera sans doute aussi une indication sur les rapports entre la nouvelle direction et ses alliés internationaux d’al-Qaïda. »

Une vengeance qui ne fait en tout cas guère de doute pour les autorités somaliennes. Bien qu'affaiblie militairement, la milice jihadiste conserve une immense capacité de nuisance. Le 31 août dernier, par exemple, des terroristes faisaient exploser une voiture piégée dans l'enceinte même des services de renseignement avant de déclencher une fusillade avec les policiers. En juillet dernier, les shebabs lançaient une attaque contre les bâtiments de la présidence somalienne. Autant dire qu'ils ont parfaitement la capacité de frapper la capitale et le cœur du pouvoir à tout moment.

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